Enfin l'Allemagne !

J'essaie d'aller en Allemagne depuis quelques mois, après être allé une fois à Bitburg et à Nürnberg l'année dernière. La dernière navigation devait être pour y aller, mais le temps ne s'y prêtait pas trop et je n'avais pas de copilote pour faire le voyage, ce qui est quand même plus agréable.

Cette fois-ci, ça sera la bonne. L'objectif est Koblenz, une ville à une centaine de km de la frontière Luxembourgeoise, à l'embouchure de la Moselle et du Rhin. La météo est bonne pour le mercredi et le jeudi, mais le jeudi étant férié, je ne suis pas disponible (car de garde pour le travail).

Quelques jours avant, j'appelle le terrain de Koblenz (EDRK) pour préparer, discuter quelques minutes avec la tour et m'assurer que tout est bon. Cela ne pose donc pas de problème, le terrain est ouvert de 7h à 21h ce jour-là. Le site internet est très clair sur les procédures et les zones de survol.

Je me renseigne aussi pour la douane, et là, c'est une autre histoire. J'ai 2 versions qui sont contradictoires, voire plus :


  • la douane de Bourges, que j'appelle pour avoir des informations, m'affirme que je dois déclarer à l'aéroport de Saint Denis de l'Hôtel mon départ vers l'Allemagne, et qu'ils seront présents pour vérifier les papiers au moment du départ. Problème : c'est gratuit jusqu'à 18h, mais facturé 59.29€TTC après, et j'ai bien l'intention de profiter de la nuit aéro vers 21h pour m'attarder un peu sur place.

  • la douane de Vatry, contactée par téléphone suite à notre dernière visite, me confirme que c'est un vol intra-Schengen et que je n'ai pas besoin de les prévenir, ils ne s'occupent pas des vols se trouvant à l'intérieur de Schengen.

  • la douane de Toulouse, quant à elle, contactée quelques semaines avant pour un vol vers l'Espagne, m'avait dit que je devais déclarer mais qu'ils ne se déplaçaient que s'il y avait des passagers, pas si les 2 personnes étaient pilotes (avec une licence).


Que de réponses différentes pour une même question : doit-on passer par la douane ?!?

J'ai aussi posé la question à l'AOPA, l'équivalent de la FFA, mais plutôt axée sur les propriétaires d'avions et à l'international, et elle m'a confirmé qu'en France (c'est le siège de Paris qui m'a indiqué la position de l'AOPA) il n'y avait pas de contrainte particulière et que la douane n'avait pas besoin d'être prévenue.

A part ça, c'est normalement à la PAF de vérifier les papiers des occupants et non à la douane, et on m'a indiqué un NOTAM parlant des "transporteurs aériens" qui devaient s'assurer que leurs passagers avaient des papiers en règles avant de monter en avion à destination de la France, suite à une instruction du Ministère de l'Intérieur. Je ne suis pas un transporteur aérien et je n'ai pas de passager, juste 2 pilotes dans l'avion.

Pour être sûr, j'ai donc posé la question au Ministre de l'Intérieur, sur son site web, et j'attends la réponse ...

La solution choisie est donc d'aller à Vatry puis de faire le plan de vol à destination de l'Allemagne et retour. Comme ça, si un problème se pose et qu'on me demande explicitement de faire la douane, je peux alors me poser à un tarif raisonnable, environ 7€.

Après toutes ces considérations, nous avons donc décidé de partir ce matin. Rendez-vous avec Lionel, mon "co-pilote", vers 9h30 à l'aéroclub, pour se donner le temps de tout préparer. J'étais venu la veille pour faire le plein et laver l'avion. Il est donc prêt, et après avoir purgé les 2 réservoirs, avoir sorti l'avion et avoir fait la prévol, on est prêt au départ, direction ... Vatry !

Décollage vers 10h15 d'Orléans, avec un superbe temps, CAVOK sur une bonne partie du trajet. On décide de monter au FL055 dans un premier temps, puis ça sera le 075 après Vatry pour éviter les quelques nuages qui se trouvent sur la route.

Champs vers Sezanne

On n'est pas nombreux en l'air en ce superbe mercredi matin, on ne rencontrera qu'un seul avion en France, au même endroit que nous, au décollage de Troyes, mais c'est un jet et il ne nous a pas croisé, il est parti dans l'autre sens.

Lionel et moi

on Top au FL075

On arrive ensuite au Luxembourg, et malgré les nuages, j'ai pu prendre quelques photos. Je me souviens de ma navigation un peu compliquée vers ce terrain en septembre dernier, et cela semble beaucoup plus simple de transiter sans se poser.

Ville de Luxembourg

Luxembourg

Aéroport de Luxembourg

On arrive en Allemagne vers midi, en descente vers 3000ft avec, en vue, très rapidement, Trier, pas très loin de Bitburg et Spangdahlem (base américaine).

Bien sûr, qui dit Allemagne, dit radio en Anglais. On a donc basculé en Anglais, et tout s'est bien passé.

Ensuite, on a suivi la Moselle jusqu'à Koblenz, et à 3000ft, avec un peu de vent, pas mal de convection et des coteaux assez marqués, c'était assez turbulent entre Trier et Koblenz !

Pont en construction

L'arrivée sur Koblenz est un peu spéciale. En fait, l'aérodrome longe la Moselle, mais à 100m au-dessus, rive gauche. Rive droite, au même endroit en face, une colline plus importante avec une grande antenne typiquement allemande (avec un étage et une vue d'ensemble au milieu), qui culmine 300m plus haut. Il y a donc beaucoup de relief, et il est difficile, en arrivant, de comprendre tout ça, en se disant que le terrain n'est qu'à 600ft, avec les montagnes et antennes à côté à plus de 1900ft.

On a donc fait une vent-arrière à 2000ft puis on est rapidement descendu en évitant le survol des villages autour pour une belle finale en 24. La piste fait 1175m, ce qui est largement assez pour un DR-400, au décollage comme à l'atterrissage, bien que la piste ne fasse que 20m de large, ce qui n'est pas énorme.

La tour m'a aimablement guidée vers la pompe Total. Il nous a fallu un peu de temps pour comprendre comment ça fonctionnait : pas besoin de carte Total (carte refusée) et c'est la tour qui gère le paiement à distance. On a garé l'avion sur l'herbe puis on est allé payer la taxe d'atterrissage et le carburant à la tour.

Les personnes de la tour ont aimablement appelé un taxi que l'on a attendu un petit quart d'heure. On a discuté avec un couple d'Allemands, en anglais. Ils venaient en couple pour la journée, d'un autre terrain à 30 minutes de là. On a donc partagé le taxi avec eux.

Malheureusement, ni eux, ni nous n'étions familier avec la zone, et avec l'itinéraire pour aller à Koblenz, et le taxi en a profité pour nous faire passer par l'autoroute qui est loin d'être un raccourci. Au total, on en a eu pour 45€ à 4. Le retour sera différent !

Après un Burger King (il faut bien ça pour manger vite et bien), on a pris un bon moment pour se balader dans la ville.

Koblenz - Le centre ville

Koblenz - Le centre ville

J'ai bien aimé l'architecture, ancienne et moderne, et aussi les bords de la Moselle et du Rhin, avec un téléphérique qui va jusqu'au château avec un point de vue (notre avion nous donne le même donc on n'y est pas allé).

Koblenz - Les bords de la Moselle

Koblenz - Les bords du Rhin

Après quelques tracas professionnels pendant notre balade et des coups de fil à passer, on a pu se promener un peu avant le retour.

Koblenz - Le centre ville

Devant la gare, un taxi, comme le matin, une Mercedes, un peu plus récente toutefois. J'ai décidé de tester mon allemand. Cela fait 6 mois que je suis des cours, alors il faut se lancer. J'ai demandé au chauffeur de nous emmener au Flugplatz Winningen, il a accepté, c'était déjà un bon début !

Contrairement au matin, le chauffeur était très sympa, assez jeune et nous a fait passer par les bords de la Moselle, ce qui nous a coûté 25€ au lieu de 45€ ! C'est honnête. Ensuite, pendant tout le trajet, il a fait la conversation en Allemand, et m'a permis de parler. J'ai compris ce qu'il disait assez facilement, même si parfois, certains mots sont restés ... inconnus pour moi ! On a parlé bière, vin, Orléans, aéroport, distances ... et il a voulu parler foot, j'ai essayé de parler handball et basket, mais là, le vocabulaire et la connaissance du sujet nous a manqué (moi au foot et lui au basket). Globalement, c'était une très bonne expérience, et ça m'encourage à continuer à apprendre l'Allemand.

De retour à l'aéroport, on a retiré la bâche de l'avion, et on a mis en route, prêt à partir pour rentrer en France, par un chemin un peu différent de l'aller.

Contrairement à la France, les règles sont bien sûr différentes, il est autorisé pour des voitures de rouler sur les taxiways qui, en l'occurrence, ne sont pas très larges. En allant du parking vers le point d'arrêt, on a croisé 2 voitures et une troisième nous a doublé par la gauche au point d'arrêt.

Le point d'arrêt avait un beau panneau détaillant les circuits de départ pour la piste 24. C'est assez surprenant pour le noter. Tout est fait pour que l'information soit claire et respectée, j'ai donc fait mon maximum.

EDRK - Départ piste 24

Une fois le décollage effectué, je suis monté pour faire une verticale en évitant les villages indiqués, puis arrivé en vertical à 2000ft, on est passé au-dessus de la tour en haut de la colline d'en face pour repartir par l'est de Frankfürt-Hahn et rentrer en France sans passer par le Luxembourg.

On est monté au FL065 et on a croisé un planeur qui se trouvait à la même altitude que nous. Pour éviter tout problème, on est descendu de 500ft pour le dépasser par la gauche, car on a eu du mal à le voir au début.

On est ensuite arrivé en France. Le voyage retour était plus rapide puisque le vent, de moins de 10kt, était dans notre sens. On a fait tout le trajet au FL065, en passant par Vatry comme à l'aller.

Retour de Koblenz

Tout s'est bien passé et on est arrivé à Orléans vers 20h30. On a fait une vent-arrière car un autre avion était dans le circuit, et on s'est posé tranquillement. Pas de plein, on a rentré l'avion et on est rentré.

L'expérience était passionnante et on a passé une très belle journée à voler et à visiter la ville de Koblenz. Pour le moment, je ne me suis aventuré qu'au sud de l'Allemagne, et c'est mon 3ème aérodrome. J'espère aller plus au nord dans les mois qui viennent, et peut-être au Danemark ou en Suède cet été afin de découvrir de nouveaux pays.