Pélérinage à Madagascar

Pour ceux qui ne me connaissent pas, j'ai habité à Madagascar pendant 2 ans en 1998-2000, pendant ma coopération où j'étais professeur de Français à Tsiroanomandidy. Cette année, une opportunité s'est présentée pour retourner à Madagascar au moment de la Foire Internationale de Madagascar. Ce voyage a duré une dizaine de jours. Je vais essayer de le résumer sur cet article, avec des photos et quelques informations sur ces quelques jours passés en 2016 à Tana et ses environs.

Tout d'abord, pour un pilote, c'est important, le voyage aller. J'ai choisi de faire ce voyage sur Kenya Airways avec une escale à Nairobi. J'ai fait ce choix car c'était moins cher qu'Air France et aussi parce que j'ai pu faire ce vol sur un Boeing 787 Dreamliner, un avion dernière génération en fibre de carbone tout confort.

Le départ était à 11h de Roissy, arrivée le soir à 1h50 à Tana, pour un prix de 863€ l'A/R.

Boeing 787-8 Kenya Airways

On a survolé Genève, puis les Alpes, longé l'Italie puis direction la Crête avant de virer plein sud vers l'Egypte, le Soudan et le Kenya où on est arrivé de nuit. Le GPS ne fonctionnait pas dans l'avion mais FlightRadar24 m'a permis de récupérer la trace en fichier KML facilement.

Lac de Genêve

Après 2h d'attente à Nairobi, on a pris un Embraer 190 qui nous a emmené à Tana. Le GPS a fonctionné et l'arrivée, de nuit, était agréable.

Embraer 190 Kenya Airways

Le taxi de l'hôtel est venu nous chercher pour nous amener, en moins de 30 minutes, dans notre chambre ! Première nuit bien méritée.

J'ai passé ma première nuit à l'Hôtel du Louvre, dans une chambre surclassée, ce qui ne m'a pas vraiment plu : au lieu de me retrouver à Madagascar, je me serai cru en France dans un 4 étoiles, avec une douche, une baignoire, une chambre extra large de plus de 30 m² avec une mezzanine. Un peu trop luxueux pour moi. Heureusement, le lendemain, j'ai été transféré dans une chambre standard, plutôt type Ibis normal, ce qui est déjà plus dans ma manière de vivre. A nôter que le prix est assez occidental, à 91€ la nuit, et la piscine, le hammam, le jacuzzy et un sauna sont inclus dans le prix de la chambre (je ne les ai utilisé que le dernier jour, faute de temps et d'envie).

Le lendemain, j'ai pris mes marques. J'ai d'abord retiré un peu d'argent ... et je me suis retrouvé millionnaire avec 1 million d'Ariary en poche (ce qui représente moins de 300€).

1 million d'Ariary

Le mercredi est là où tout a commencé, avec un réveil vers 6h pour être prêt à la réunion de 7h et aux premières visites. Le but du voyage est de faire du tourisme d'affaire, et plus précisément de visiter des entreprises et de rencontrer d'autres chefs d'entreprises dans le cadre du CJD.

La première entreprise visitée est Madaprod, une entreprise textile qui emploie plus de 2000 personnes dans la fabrication de jeans pour les plus grandes marques, notamment Levi's et IKKS.

On a pu rencontrer le dirigeant, visiter l'une des usines et voir les conditions de travail qui, même si certaines normes de sécurité ne sont pas toujours appliquées, semblent convenables.

MadaProd

Le midi, on est allé manger dans un restaurant spécialisé dans le foie gras, le Coin du Foie Gras à Tanjombato. Je ne veux pas faire le difficile, surtout à Tana, mais je ne suis pas trop fan de foie gras, et nous avons eu du foie gras en entrée, 3 bonnes tranches, puis une pièce de zébu Rossini en plat principal très consistante, ce qui a été difficile à manger. Certains ont apprécié, d'autres ont trouvé cela trop consistant voire déplacé par rapport au contexte ... mais les canards sont malgaches !

L'après-midi, nous avons visité l'entreprise d'un JD, LuxOptica, une boutique qui vend des lunettes, avec un atelier de mise en place des verres digne d'un opticien français (d'ailleur il a été formé en France). J'en ai profité pour lui demander une paire de Ray Ban sur mesure, avec des verres surteintés ... pour le prix d'une monture RayBan normale.

LuxOptica

Le lendemain, c'est journée à la FIM. Le chauffeur du bus n'ayant pas tout compris, et hésitant à demander, nous a conduit au même endroit qu'hier, à Madaprod. Heureusement que ce n'est à 500m de la foire.

J'ai d'abord retrouvé sur place Lova Rafidiarisoa, un ami que je connais depuis presque 18 ans et qui est journaliste et responsable informatique à l'Express de Madagascar. On a parcouru la Foire Internationale de Madagascar ensemble une partie de la matinée. L'après-midi, le CJD organisait une conférence d'une heure pour expliquer ce qu'est le CJD et ce qu'il peut proposer à Madagascar aux Malgaches et aussi aux français ou francophones, chefs d'entreprises ou porteur de projet. Cette conférence était accompagnée d'un jeu que nous avons fait en petit groupe sur le thème "mon entreprise dans 10 ans" et qui a bien amusé autant les chefs d'entreprises que les étudiants qui étaient là. Cela a permis de prendre des contacts pour certains.

Le vendredi, debout tôt pour aller visiter une ferme au nord de la ville. Le chauffeur de notre bus, ne connaissant pas la Ferme d'Ivato, a cru bon de nous emmener à la Hutte Canadienne, une ferme très connue à Madagascar, qui se trouve à quelques centaines de mètres de la Ferme d'Ivato. On a du faire demi tour dans l'entrée pour retourner au bon endroit.

La route est très mauvaise pour aller à cette ferme, en voici quelques illustrations :

Route vers la ferme d'Ivato

Route vers la ferme d'Ivato

La Ferme d'Ivato est une ferme biologique. Un projet un peu fou de par les coûts associés et les normes à respecter, mais que le propriétaire, Frédéric, est convaincu qu'il faut mettre en place autant que techniquement possible.

Ferme d'Ivato

La ferme possède aussi un endroit réservé aux orchidées, qui n'est pas exploité mais simplement là par passion.

Orchidée

L'après-midi, j'avais rendez-vous avec Lova Rafidiarisoa et le directeur du journal à l'Express de Madagascar pour une visite, car ce journal héberge son site internet et ses emails dans mon entreprise, HaiSoft, en France, pour le moment.

Le samedi, changement de décor, on est parti pour l'Indry Lodge à Andasibe, à environ 140km de Tana. Cela a pris presque 4h à une moyenne de 40km/h tellement la route est mauvaise, petite et sinueuse. On s'est arrêté manger à Mandraka Park pour un repas et une pause bien méritée avant d'arriver à l'hôtel la nuit tombante vers 18h. On a passé la journée sur la route. Le standing de l'hôtel est très différent de celui du Louvre à Tana, et certaines personnes du groupe n'ont pas apprécié et ont eu peur de se doucher, alors qu'il y avait de l'eau chaude et même si les meubles étaient sommaires, l'hôtel était propre.

Hôtel Indry

Le dimanche, levé tôt, départ 7h pour visiter la réserve d'Analamazoatra, un endroit, en lisière d'une forêt secondaire, où l'on peut observer plusieurs espèces de lémuriens. On a marché 3h sur environ 7km, mais c'est pas facile de les prendre en photo dans la forêt.

Lémuriens

L'après-midi, on est allé manger à Vakona Forest Lodge, un restaurant avec des gîtes, très bien entretenu, en bordure du parc national Mantadia. On y a passé l'après-midi car la marche du matin en a fatigué plus d'un(e) et on a fait une balade pour digérer, autour du lodge, sous la pluie l'après-midi. Globalement, c'est très humide, et la forêt protège des averses pendant un moment, mais en bordure de la forêt, les averses sont incessantes.

Vakona Forest Lodge

Retour à l'hôtel Indry pour le soir, avec son lot de perturbations pour certains membres du groupe (coupure d'électricité notamment, eau froide pour certains, moustiques, et bruits bizarres). Il faut rappeler qu'à Madgascar, à part le Crocodile du Nil, la seule espèce de crocodile présente sur l'île, aucune espèce animale n'est dangereuse pour l'homme, il n'est donc pas dangereux de se promener avec un guide dans la forêt, et encore moins dangereux de dormir ou se prendre une douche dans un lodge en bordure de forêt !

Le lundi était consacré à la visite de la mine d'Ambatovy. C'est une mine de Nickel et de Cobalt qui s'est ouverte en bordure de forêt primaire. C'est un projet étonnant puisqu'il est situé dans une zone difficilement accessible (les 22km séparant la ville la plus proche de la mine se font en 1h). C'est un complexe industriel moderne qui cherche à exploiter une mine pour exporter le minerai d'un pays qui malheureusement est très pauvre. La mine apporte certaines choses aux habitants, mais le contexte est difficile car le court du Nickel et du Cobalt a bien baissé ses derniers temps. Aussi, le grand enjeu de cette mine sera la reforestation et une pépinière y travaille déjà, 2 ans après l'ouverture de la mine. Il est encore trop tôt pour savoir si cela aura un impact positif sur les destructions en cours de la faune et la flore, et si le contrat passé avec l'Etat Malgache sera respecté. Si c'est le cas, alors je pense que ce projet est un bon projet, pour Madagascar et les personnes qui ont un emploi dans cette mine, car la forêt secondaire où nous avons pu voir les lémuriens la veille sera alors celle présente à la place de la mine à la fin de l'exploitation.

Ombrière à Orchidées

Pépinière d'Ambatovy

Le lundi soir, retour sur Tana à 40km/h, avec des pointes à 60, mais cela s'est terminé vers 20h. Juste le temps de prendre une douche avant d'aller manger au Chalet aux Roses, un petit restaurant pizzéria où j'avais l'habitude d'aller quand j'habitais à Madagascar. Comme le reste, le restaurant est toujours là et n'a pas changé, 16 ans après !

Mardi matin, visite de l'UNAHM, une fédération d'entreprises qui emploient des handicapés afin de les aider dans une insertion professionnelle. C'est une tâche difficile quand on connait le contexte économique et la manière dont la société malgache fonctionne. Le CJD a fait un don de 3000€ qui a servi à acheter 2 nouvelles machines à coudre industrielles afin d'améliorer les conditions de travail et le rendement du personnel. Aucune aide de l'état ni aucun rabais sur les taxes dues n'est proposé à ces sociétés comme c'est le cas en France pour les ateliers protégés.

UNAHM

L'après-midi, c'était souvenirs : achats divers, principalement des t-shirts et chemises pour ma part, mais on trouve aussi beaucoup d'épices ou encore de l'artisanat local (broderie, vannerie, ...) avec un petit tour au marché Pochard (ex-Zoma). Et le soir, c'est la plénière de fin, grande soirée pour se dire au revoir. Malheureusement, j'ai été malade en fin d'après-midi, avec un autre français du groupe, nous sommes rentré vers 21h et la nuit a été longue et difficile entre le lit et les toilettes : c'est ça de vouloir manger local, sans faire attention (notamment les crudités, je crois).

Le lendemain, dernier jour du voyage, une rencontre était organisé avec un organisme de micro finance, malheureusement, j'ai mis un peu de temps pour me remettre de ma nuit et je n'ai pas pu participer à cette rencontre, ce que je regrette bien. Le soir, les membres du groupe local et les derniers français du voyage, nous avons fait un dernier repas pour se dire au revoir pour cette fois, au Citizen, et j'ai proposé de revenir pour faire une formation en septembre 2017. D'ici là, nous devrions nous revoir prochainement à Paris pour un débriefing.

Le jeudi matin, on a fait les valises. A midi, on est parti de l'hôtel après avoir réglé une note de 835 000 Ariary (pour 2 nuits d'hôtel supplémentaires et les consommations), le reste étant déjà réglé dans le voyage.

Arrivé à l'aéroport, je suis reparti sur un vol Kenya Airways en 737 pour Nairobi, au décollage à 15h30. Cela a permis de voir un peu Madagascar d'en haut avant de se replonger dans la nuit pour se "réveiller" le lendemain à Paris. Je n'ai pas dormi plus de 3h au total, et j'ai du faire une bonne sieste l'après-midi. Je trouve ce type de vol de nuit toujours difficile.

C'est mon aventure à Madagascar en 2016. Je remercie chaleureusement toute l'équipe d'organisation du CJD à Tana, notamment Aurélia et Ingrid, ainsi que tout le groupe CJD de France avec notamment Marie-Julie et Corinne, ainsi que Lova et Hary qui m'ont fait découvrir des choses à Madagascar que je n'aurai pas pu voir sans eux.