Nav vers Oléron, retour par Niort

Enfin, il fait beau en ce mois d'Août 2008, ce qui n'a pas été le cas tous les jours. C'est l'occasion de faire une belle nav, dernière nav avant la première visite 50h du F-GAON.
La destination est choisie, entre Toulouse et Oléron, ce sera l'Ile d'Oléron. C'est moi qui prépare et je propose à Dom et Nadine, de m'accompagner, Nadine emmène sa fille, Lou.
Nous sommes donc 4 dans l'avion.

Le but, contrairement à la nav vers les Sables d'Olonne, n'est pas d'aller se baigner, mais d'aller voir l'Ile d'Oléron et l'Ile de Ré en avion. Donc on a prévu de partir tôt, et de revenir tôt. Pour comparer, il a fallut 2h pour y aller, et environ 2h30 pour revenir avec une pause à Niort, alors qu'en voiture, il faut plus de 4h pour y aller, si ça roule bien !
Nous nous sommes tous donné rendez-vous à 9h30 à Lamotte pour partir le plus tôt possible. Le temps de sortir l'avion, on est parti vers 10h (il faut faire chauffer le moteur) direction LFOZ à 10min de là pour faire le plein. La nav doit faire environ 2h, donc avec 3h d'autonomie, et les réserves règlementaires, il est préférable de faire le plein.

On arrive donc à LFOZ, en longue finale sans voir grand chose, mais "autorisé" par l'AFIS (enfin ils n'autorisent pas, donc ils ont simplement laissé faire ce qui correspond à une permission ;-)). On arrive directement à l'essence, et pendant que Dom s'occupe de la taxe d'atterrissage (5.40€), je fais le plein (2.15€ le litre) et on part, direction Oléron, à 11h.

Décollage en 05, il faut donc bien décoller, ça ne pose pas de problème, ensuite je veux monter au FL065 pour naviguer jusqu'à Oléron, je l'ai indiqué dans le plan de vol. Il faut, pour cela que je contacte Bricy rapidement pour avoir l'autorisation de passer dans leur zone au FL065, et en même temps que je trouve un trou me permettant de monter sans traverser la couche.
On a donc du partir environ 5Nm vers l'est, où se trouvait un grand trou, et on est monté. L'excitation de tout le monde dans l'avion était à son comble, sur Dominique, qui avait sorti son caméscope pour filmer cette première fois au-dessus des nuages en avion de tourisme.

Pour ma part, c'est la troisième fois que cela se produit. La première fois, quand je suis allé à Granville, je pensais que ce serait assez rare de pouvoir faire cela, et en fait, c'est assez souvent que l'on peut en profiter, même parfois sans monter très haut, comme au début du mois d'Août, quand je suis allé à Douai, je suis passé au-dessus d'une petite couche de stratus, à moins de 2000ft.

J'ai vu sur internet, dans des podcasts, il est conseillé de monter de 1000ft par tranche de 10 minutes de nav. Par exemple, pour une nav de 30 minutes, on peut monter à 3000ft, et pour une nav d'une heure, à 6000ft, c'est pour cela que j'ai décidé de faire la nav au FL065.

J'ai aussi fait cette nav avec un plan de vol. Nous étions 4, au-dessus des nuages, il est donc important d'être suivi par les SIV ou par les différents contrôles, et comme je me suis aperçu pendant cette nav, le fait de déposer un plan de vol permet aux services par lesquels je vais passer, d'être prévenu de mon arrivée ou de la traversée de leur zone, cela permet alors de passer plus rapidement sans forcément stresser à l'idée de devoir négocier le passage dans une zone, ou de devoir systématiquement changer de fréquence au changement de zone, généralement cela peut être fait automatiquement, voici 2 exemples :

Pendant la nav, nous avons traversés les zones de Tours, au FL065, alors que nous étions à la radio avec Poitiers. Le contrôleur de Poitiers a appelé la tour de Tours pour le transit dans la TMA Tours 5, et nous n'avons pas eu besoin de changer de fréquence.

Même chose lors du transit dans la zone R49A autour de Niort. Cette zone commence à 3000ft, donc nous étions obligé de passer dedans, le contrôleur de Poitiers a négocié notre passage dans cette zone auprès de Cognac, et lorsque nous sommes passé sur le contrôle de Cognac, tout s'est très bien passé, sans avoir besoin de redonner les éléments.

Pour une fois, je ne fais pas de récit linéaire de la nav. En fait, on a décollé, et après, on est passé au-dessus des nuages, c'était vraiment génial, mais une fois au-dessus, il ne reste rien d'autre à faire que suivre le GPS (ou les VOR quand on arrive à les capter) et gérer la radio. Je préfère donc pointer ce qui s'est bien et mal passé.

Pour la partie bien, il reste encore une chose importante, en plus du fait que nous avons pu passer au-dessus des nuages et que c'était beau : l'arrivée sur La Rochelle.
On arrive donc sur La Rochelle. On avait prévu de descendre à partir de l'autoroute (voir carte plus bas). Lorsque Cognac nous demande de passer sur la fréquence de La Rochelle, le contrôleur de La Rochelle refuse la descente. On était en zone Echo, normalement, il n'aurait pas du la refuser, mais un avion de EasyJet, un 737, était en approche en dessous de nous. Il est passé à côté de l'aéroport, en circuit de piste, est passé en-dessous de nous, a tourné en finale, et a atterri. C'était impressionnant de voir cet avion, assez gros moins de 2000m en dessous de nous, alors que plus généralement, quand on les voit de près, c'est près d'Orléans, et ils sont 1500m au-dessus de nous. C'était impressionnant, et nous étions tous les 4 à scruter l'horizon (ou en-dessous) pour le trouver.L'atterrissage s'est bien passé. Ce n'était pas la première fois que je venais à l'Ile d'Oléron en avion, en fait, j'avais, l'année dernière, avec Christophe, fait un tour en avion autour de l'Ile d'Oléron.

On a trouvé l'aérodrome un peu désert. Pas un chat, un hélicoptère parqué sur la place pour l'essence, ce qui a généré quelques problèmes pour qu'un élève fasse son plein, et sinon personne.

J'ai appelé, quelques minutes après l'atterrissage, le BRIA de Bordeaux, pour demander à ce qu'ils ferment le plan de vol que j'avais ouvert en partant d'Orléans. J'ai eu une charmante dame au téléphone qui m'a dit qu'il n'y avait pas de plan de vol, ni ouvert ni fermé, pour le matin, mais qu'elle avait un plan de vol de Niort vers Oléron pour l'après-midi. Chose bizarre puisque l'après-midi, je devais repartir de Niort à Orléans et non pas Oléron.
Cette dame m'a donc assurée qu'il n'y avait pas de plan de vol à fermer, donc j'ai pensé que La Rochelle l'avait fermé automatiquement, ce qui est maintenant sûr, ne se fait jamais sauf par un AFIS ou une Tour, mais dans tous les cas, le pilote est tenu au courant.
Donc cette dame m'a demandé si le plan de vol de l'après-midi était toujours d'actualité, et je lui ai indiqué que non, elle m'a gentiment proposé de le supprimer et d'en faire un autre pour le retour sur Orléans.

Pendant ce temps, l'alerte niveau s'est déclenché et quelqu'un, je ne lui ai pas demandé qui il était, a appelé l'aéroclub d'Oléron pour demandé à nous joindre car le plan de vol n'était pas fermé. J'ai donc eu au téléphone les 2 en même temps, le monsieur de l'alerte, qui m'a, sur un ton assez sec, indiqué que je n'avais pas fermé mon plan de vol, dans l'oreille droite, et la dame du BRIA de Bordeaux qui me disait qu'elle n'avait pas de plan de vol me concernant à fermer, dans l'oreille gauche. J'ai du expliquer cela au monsieur de l'alerte, qui a bien compris la situation, et la dame, par contre, n'a rien voulu savoir, elle ne voyait pas de plan de vol, donc il n'y en avait pas. Quelle efficacité !!!

Pour finir avec la dame du BRIA, il n'est pas possible, ni par téléphone ni par Olivia (puisque j'avais fait les dépôts la veille par Olivia), de déposer un plan de vol vers un aérodrome privé en utilisant les codes de ces aérodromes (LF4131 pour Lamotte), il faut utiliser le nom entier, en indiquant "ZZZZ" dans la case Destination, puis mettre le nom en note. A savoir pour la prochaine fois, le plus simple étant apparemment de mettre le nom de l'aérodrome le plus proche. J'aurai encore l'occasion de tester ;-)

Après un bref pique nique sur les tables extérieures de l'aérodrome, nous avons repris l'avion et décollé, avec un bon vent de travers, vers Niort. Pas de plein puisque personne pour nous permettre de prendre de l'essence, on avait environ une heure d'autonomie, ce qui n'était jamais arrivé, mais cela permet de mieux connaitre son avion, sans aller dans des zones dangereuses.

Nous avons donc fait un petit tour au-dessus de l'Ile de Ré, puis direct LFBN, Niort, avec sa piste de presque 2 km. Le trajet a pris le temps qu'il fallait, mais pour éviter tout problème, j'ai décidé de faire une directe en longue finale pour la piste 07 dur, ce qui me paraissait le plus approprié, en plus aucun avion ne se trouvait en tour de piste, cela ne posait donc pas de problème ... a priori !

Lors de l'exposition de mon projet par radio, j'ai reçu des réponses pas trop claires de personnes qui disaient que la piste en dur était fermée. J'ai bien sûr changé mon trajet afin d'arriver sur la piste en herbe, qui, avec ses 80m de large, accueillait aussi des planeurs sur les 40m gauche, stationnés là ! Est-ce bien règlementaire ?

Peu importe si c'est règlementaire ou non, mais une fois au sol, Dom s'est occupé de faire le plein avec la carte Total, comme prévu, et j'ai vu le responsable de l'aérodrome, ou des pompiers, la personne qui encaisse les taxes d'atterrissage. Il m'a expliqué qu'ils faisaient des travaux sur la piste pendant 2h cet après-midi, et qu'un NOTAM avait été publié !
Alors là, je me suis dit : quelle honte, moi qui prépare minutieusement chaque navigation sur la carte, sur internet et avec des outils performants (le site leguide.aero notamment), j'avais passé une demi-heure à lire les 40 ou 50 NOTAM du jour correspondant à la nav, sans voir que la piste en dur de Niort était fermée !!! La HONTE !!!

En fait, après avoir discuté pendant quelques minutes avec cette personne, il m'a dit que le NOTAM était sorti le matin après 9h. Comme nous sommes parti à 9h pour être à l'aérodrome à 9h30, et partir ensuite à Oléron, je n'ai pas pu voir ce NOTAM, ça m'a rassurer. Mais alors que faire ?!?
Si des NOTAM important comme celui-ci ne sont pas diffusés plus de quelques heures avant, moins de 24h avant la fermeture de la piste, comment être au courant ?!? Il faudrait que le SIA mette en place un système de SMS pour tenir les pilotes au courant des changements ...

Enfin, entre le BRIA de Bordeaux, et les NOTAM de dernière minutes, ce fut une journée riche en expérience. Au moins, ça permet de mieux connaitre le travail et la manière de travailler de ceux que l'on entend à la radio, à moi de tenir compte de cela pour ma prochaine nav.

Le retour de Niort s'est bien passé. Les travaux étant fini au moment de notre arrivée, nous avons pu décoller à partir de la piste 07 dur (enfin on n'a remonté que la moitié de la piste, elle est trop longue pour un DR-400 !!!).

On a fait un petit détour, au retour, pour montrer à Dom le Château de Chenonceau.L'altitude du retour, 2700ft, c'est avérée être un très bon choix, on a pu passer au-dessus des zones interdites, et au-dessous d'autres zones interdites, sans avoir à changer d'altitude pendant toute la nav, ce qui est plus confortable.

Seine Info a bien voulu fermer le plan de vol du retour, avant l'atterrissage, ce qui est plus simple et plus confortable, c'est une chose à savoir pour la prochaine fois ;-)

On est rentré, après cette petite balade, vers 17h à Lamotte. Donc on est parti à 9h30, ce qui fait le tout, plus le pique nique en 7h30. En voiture, on n'aurait pas fait l'aller-retour en 7h30 !
Cela me fait maintenant 144h de vol dont 87h depuis le PPL, et 31 plate-formes visitées.
Prochains objectifs : Toulouse et Marseille pour la France, Nottingham et Shoreham pour l'Angleterre.