Nav à Liège


En Août, je suis allé en DR-400 à Nottingham, c'était très agréable, amusant et d'ai découvert plein de choses.

En achetant mes cartes, en mai dernier, je me suis dit que je pourrai aussi acheter les cartes de Belgique, on ne sait jamais, je pourrai peut-être les utiliser.


Cela fait donc 3 semaines que je prépare un vol pour Liège. Le premier départ était un faux départ, je me suis aperçu 2 jours avant, en vérifiant l'avion, que celui-ci n'avait plus de potentiel, et que la visite devait être effectuée. C'est chose faite, l'avion a ses 50h, et j'ai préparé la navigation d'Orléans à Liège, en contactant Liège ainsi que la Belgique de manière générale pour avoir les informations nécessaires. Pour cela, le site internet de Belgocontrol fourni les cartes VAC (et IAC) à imprimer ainsi que les NOTAM et autre météo sur le pays.



Départ ce mercredi matin, vers 10h à Lamotte-Beuvron, avec Fabien, avec qui j'avais passé mon brevet il y a maintenant 2 ans.Un peu en retard le matin, je suis là à 10h15. Le temps de sortir l'avion, on met à chauffer. Pas de problème de nuage ou de brouillard, et au bout de 10 minutes, on décolle piste 33. On monte vers 3000ft. L'altitude en France n'était pas vraiement un problème, ce qui n'était pas le cas pour la Belgique, mais on verra plus tard. La première partie de la nav se passe très bien. On se répartie les tâches : je m'occupe de piloter, et Fabien s'occupe de la radio et suit la carte. Je garde un oeil sur le GPS et je jette un coup d'oeil sur la carte régulièrement (je n'aime pas voler sans carte, le GPS ne suffit pas, j'ai l'impression d'être perdu sans carte). La première escale se fait à Reims. Cela fait très longtemps que je voulais m'y poser, à Reims Prunay car je travaille avec une entreprise située à Reims, mais je n'avais pas encore eu l'occasion. Ca va changer.


A Prunay, il y a un restaurant et des gens à la tour et à l'essence ... assez pressés. Nous sommes arrivés à 12h30, certainement pas la bonne heure, et l'automate n'a pas accepté ma carte BP, ce qui a posé un petit problème à la personne de garde, mais tout s'est assez bien passé et on a pris le temps de manger un sandwich au bar du restaurant avant de repartir pour la section la plus intéressante du parcours.


On a donc décollé de Reims pour aller direct sur Liège. Tout s'est bien passé. Fabien s'est occupé de la radio, et Reims n'ayant pas de radar, on leur a indiqué notre position avant de leur dire au revoir. Je préfère rester en contact radio à tout moment avec une station. En cas d'urgence, c'est plus simple, et puis généralement, on est suivi sur radar, ce qui peut aider. On a donc quitté la zone de Reims, Fabien a rapidement switché sur la radio de Charleville-Mézières pendant que je fixais un avion au décollage, avant de partir pour la grande nav ... vers la Belgique. En Belgique, la première chose à savoir est que la radio se fait uniquement en Anglais "afin d'être neutre". Ensuite, il faut connaître la fréquence du SIV, 126.9MHz, qui n'est indiquée nulle part, enfin je ne l'ai pas trouvée, mais d'autres fréquences, même pour Seine Info, sont dans le même cas. D'après les cartes, la zone que nous devions traverser, au sud-est de Liège, n'était qu'une grande forêt. En fait, et ça m'a rassurré, c'est une forêt comme celle d'Orléans, même moins dense, avec quelques champs qui auraient permis de se poser en cas d'urgence. On a donc traversé tout droit, en faisant un petit croché pour éviter la zone de Florennes. au sud-ouest de Liège. En altitude aussi, c'est un peu compliqué, j'avais tout prévu à 3500ft, mais ce n'était pas forcément très confortable (soleil = turbulences) et au-dessus, il y avait des zones actives.


L'arrivée sur Liège se fait à 1500ft. Assez surprenant quand on se balade à 3500ft sur un terrain sans obstacle, de se balader ensuite à 1500ft au milieu des poteaux électriques haute tension, et des tours d'une centrale nucléaire (au sud-ouest de Liège). L'arrivée a été assez simple, et la sortie des volets ne s'est faite qu'en finale (longue finale pour moi, je ne suis pas en avion de ligne !). Fabien a commencé à s'agiter en voyant les avions au sol ... et ce n'était que le début ! Une fois posé vers 15h, une voiture jaune, un marshaller, est venu nous escorter jusqu'à notre place de parking juste devant l'entrée. Une fois tout en place, un petit van est venu nous chercher et nous amener au bureau des vols où on m'a demandé tous les papiers de l'avion. C'était du sérieux, c'est la première fois que l'on me demande tout cela dans un aéroport !


Une fois les papiers fini, j'avais dans l'idée d'aller me poser à l'hôtel et de visiter la ville ... et c'est là où Fabien a demandé s'il pouvait visiter la tour de contrôle, et tout s'est enchainé : ils ont dit oui, on est allé chercher un badge avec la voiture du marshaller qui a été appelée en même temps pour escorter un avion à l'atterrissage, ce qui a ravi Fabien, on a fait une balade sur les parkings des avions de frêt avant de récupérer un badge, et d'aller à la tour. Là, personne pour ouvrir et le numéro de téléphone que la sécurité nous avait donné en cas de difficulté ne fonctionnait pas, donc je suis retourné à la sécurité pour leur demander d'appeler quelqu'un et Fabien a pu monter à la tour. Comme la tour est à 10-15 min à pied de la sécurité, je n'y suis pas retourné et je suis allé faire un tour dans le hall. C'est assez simple et petit (le hall) donc le reste du temps, j'en ai profité pour envoyer des cartes postales. Vers 17h15 environ, Fabien et revenu de la tour et on a récupéré nos affaires, prêt à prendre le bus ... sauf que celui-ci n'est jamais venu et à 18h, j'ai appelé un taxi qui a mis 15 min pour nous amener à l'hôtel Holiday Inn de Liège, pour la coquette somme de 32€. Les taxis français sont chers ... et les belges sont pires ! On a eu le temps de faire une petite pose à l'hotel avant d'aller manger. L'hôtel se trouve à 30-40 minutes de marche du centre ville, en longeant la Meuse, donc on est allé suivre les recommandations gastronomiques du Marshaller, on est allé au restaurant place du marché pour manger des boulets à la Liégeoise et un café liégois. J'ai testé les boulets, des boulettes de viande, mais pour le café liégois, j'ai préféré une tarte au pomme avec de la glace et du chocolat ;-)


La soirée a été assez rapide, une fois le resto terminé, on est rentré à l'hôtel et Fabien, qui avait pris rendez-vous avec les contrôleurs de la tour, est reparti en taxi pour passer la plupart de la nuit à les regarder travailler, et a observé les 50 Boeing qui se posent chaque nuit pour le compte de TNT, UPS et autres transporteurs sur l'aéroport. Généralement, je regarde, le soir, la nav du lendemain, pour être prêt et pouvoir en discuter avec mon copilote, mais pas cette fois, car je n'avais pas la carte que j'avais oublié dans l'avion, et mon copilote n'était pas là. J'ai donc passé une heure devant la télé avant d'aller dormir pour être en forme le lendemain pour piloter. Après un bon petit déjeuner, la matinée fut consacrée à une petite balade dans la ville, histoire de voir de jour, ce que l'on a pu voir de nuit. La ville de Liège est belle, un peu ancienne. J'ai beaucoup aimé, j'ai même prévu d'y retourner en voiture très bientôt.


On s'est donc retrouvé vers midi à l'aéroport, en taxi (un peu moins cher que la veille, 20€). Un petit tour à l'essence, où ma carte BP m'a servie une nouvelle fois, mais cette fois, sans tarif : "c'est BP qui vous enverra la facture" ! On verra, en espérant que cela ne me revienne pas trop cher.

J'ai enfin compris, grâce à Fabien, pourquoi l'avion ne démarrait pas l'hiver dernier. Pour éviter de le noyer, je ne faisais que 3 à 5 injections, mais le moteur n'a jamais démarré. C'est ce qui s'est passé ce matin, et Fabien a repris la main et l'a fait démarrer avec environ 10 injections, donc cet hiver, j'aurai moins peur d'en mettre plus.


On a pris un moment pour déposer le plan de vol, ce qui nous a d'ailleurs posé quelques problèmes, car avec Olivia, en France, le plan de vol est déposé de manière assistée, mais en Belgique, le logiciel qui sert à ça, n'assiste pas, il bloque quand les champs ne sont pas rentrés correctement, donc cela a été laborieux. On avait donc une heure, une fois le plan de vol déposé, pour aller manger et payer les taxes, avant de partir. Les taxes comprennent une taxe d'atterrissage, de parking ... et de passager (pour Fabien). C'est la première fois que cela se produit, c'est amusant. La machine de carte bancaire avait un petit soucis ce qui n'a pas aider au paiement.


Dans tout cela, on a juste regardé la carte 5 min avant le départ, et le trajet choisi était le suivant : Liège - Chalons Vatry - Auxerre puis Lamotte direct. Fabien a fièrement tiré un trait sur la carte, sans vraiment regarder où il passait, et on est parti sans vraiment préparer la nav. Altitude décidée : 4500 puis FL045 en France.


Le départ s'est bien passé, mais les nuages, en Belgique, étaient à 4500ft, donc pas très agréable. Plutôt que de passer au-dessus, car les zones sont toutes à partir de 4500ft, en Belgique, je suis descendu à 4000ft, ce qui n'était apparemment pas trop du goût de Fabien. Une fois arrivé en France, le dialogue avec Reims était un peu compliqué. Il faut savoir que Reims n'a pas de radar, et demande régulièrement au pilote de se situer. Fabien a préféré dire au contrôleur où nous allions plutôt qu'où nous étions. J'ai donc repris la radio à un moment où je trouvais iritant ce dialogue de sourds, pour remettre les choses au point : on était bien au nord-est de Reims, cap 210, 5 minutes après Charleville Mézières.


Ensuite, en regardant la carte un peu plus, Fabien s'est aperçu qu'il y avait des zones restreintes vers Vatry. D'abord, il a vu que certaines étaient jusqu'au FL055, donc il a décidé de monter au FL065, ce que j'ai fait. Ensuite, après vérification, il s'est aperçu que certaines zones étaient actives et interdites du sol au FL195, donc on a du faire un détour, comme vous pouvez le voir sur la carte. Fabien voulait vraiment passer par Vatry, donc une fois le détour effectué, on est repassé par Vatry pour aller ensuite à Auxerre, avec une verticale Reims Champagne au FL065.


Une fois le détour effectué et le passage au-dessus de Vatry terminé, on s'est orienté vers Auxerre. Fabien passait son temps, depuis le début du détour, à regarder dehors pour voir un des mirages qui était annoncé au décollage de Reims Champagne au moment de notre passage, en vain. Toutefois, arrivant à Auxerre, il était encore plus excité quand il a entendu un mirage à la radio, qui ferait un passage au-dessus d'Auxerre. Il est devenu intenable quand il l'a vu passer !


Après tout cela, nous avons pu atterrir sans encombre à Auxerre pour faire un petit plein avant de repartir à Lamotte.


Le retour à Lamotte était assez rapide, comme d'ailleurs toute la nav, puisqu'on carburait à 140kt en croisière voire 160kt en descente ! Je n'étais jamais allé aussi vite (la veille, on était à 100kt voire 110kt, avec du vent de face). Avec les détours, on a en fait mis le même temps entre le décollage et l'atterrissage, cela a pris 2h25 pour l'aller et pour le retour. C'est donc une destination proche et sympa, à refaire.

Pour une fois, j'ai tenté l'atterrissage à Lamotte sur la piste 33, car avec un vent du nord-nord-est de 20kt, c'était un peu risqué d'atterrir en contre-QFU même si la piste monte dans ce sens.


A part que j'aurai pu passer un peu plus de temps à visiter la ville, c'était une nav sympa, instructive, et la destination est aussi très belle. Je pense que je referai cette nav l'année prochaine, peut-être en m'arrêtant à d'autres endroits, ou peut-être même en allant plus loin comme à Maastricht, qui n'est qu'à 20 min de vol au nord.