Les Sables d'Olonne par Poitiers

Régulièrement, je rends visite à mes grands-parents qui habitent aux Sables d'Olonne. J'y vais en général en voiture, mais cette fois, mes dernières navigations m'ont permis de refaire beaucoup d'heures de vol, et le beau temps que nous avons toujours en ce mois d'octobre m'ont fait changer de moyen de transport pour choisir l'avion. Préparation de la nav ce weekend du 25 octobre, pour une navigation le 27, avec un retour le 28.

Le prix de l'AVGAS à Saint Denis de l'Hôtel est en ce moment un peu prohibitif. Malgré une baisse généralisée des carburants, on est à 2.34€/l, alors qu'avec la carte Total , on est inférieur la plupart du temps. Donc je suis parti le réservoir à moitié rempli, pour faire le plein ailleurs. Quelle destination intermédiaire pourrait-on prendre pour aller aux Sables d'Olonne ? J'ai finalement décidé d'aller à Poitiers, aérodrome où je voulais m'arrêter au retour de Bordeaux, et qui est presque sur la route, avec un petit détour de 10 minutes.

Le départ est prévu vers 14h30, le temps que le brouillard se lève et que je puisse aller à l'aérodrome et préparer l'avion. Le temps est magnifique, plus de brouillard, pas de nuages, un temps CAVOK sur toute la France, ou en tous cas, sur toute la route.

J'ai donc décollé facilement, et je suis monté à 4000ft (l'objectif d'un niveau de vol comme le FL065 n'a pas pu se faire car certaines zones d'Avord étaient actives et ne permettaient pas de monter au-dessus de 4500ft). J'ai donc fait un trajet assez tranquille pendant 30 minutes avec Seine Info puis Poitiers Info. Ma nav était simple : toujours tout droit, le cap restait le même, celui indiqué sur le GPS aussi, et ma route indiquée au GPS oscillait de quelques degrés par moment, mais ça reste dans les 5° d'écart acceptable.

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J'ai pu prendre quelques photos, de jolis villages, d'étangs et de châteaux, mais le soleil en pleine face m'empêchait de faire de belles photos devant moi. Il faut savoir aussi qu'un banc de nuage, c'est très beau, mais une photo d'un banc de nuage, c'est pas beau.

Banc de nuage

J'en ai profité pour tester la musique dans le casque, avec mon nouveau Bose A20. La musique est envoyée par un fil dans la télécommande sur laquelle il y a un interrupteur pour autoriser ou supprimer la musique dans le casque. Le volume est à mettre sur le lecteur, et il est possible de la couper facilement. Contrairement à la musique dans la com de l'avion, celle-ci n'est pas coupée quand quelqu'un parle à la radio, ce qui est moins désagéable, il suffit d'ajuster le son au début, et si besoin, on coupe à la main quand on ne veut plus l'écouter, comme dans les phases d'approche ou bien quand il y a plus de choses à faire dans l'avion.

En arrivant sur Poitiers, j'avais imaginé faire une longue finale tranquillement sur le terrain que je ne connaissais pas. A la place, le contrôleur m'a demandé d'aller sur le point Echo Alpha. Je l'ai trouvé rapidement sur la carte VAC. Je suivais un autre avion que je ne voyais pas au début, sur le même point. A un moment, avant d'arriver sur le point, le contrôleur me dit de faire une directe vers la piste. Comme je pensais que l'avion devant moi était moins rapide, je lui propose de ralentir, il me dit surtout pas, et je comprends qu'un autre avion attend derrière, un avion Ryanair, pour une finale IFR. Je fais de mon mieux pour trouver la piste, m'alligner et faire une belle finale. Pendant cette opération, le contrôleur me perd au radar (sûrement à cause des problèmes du transpondeur que je dois bientôt changer) et dit aux pilotes de Ryanair d'attendre avant de faire leur approche. Concentré sur mon atterrissage, avec une finale sans volet, plein gaz, à 132kt, je n'ai pas entendu cette conversation, et j'atterris, en demandant au contrôleur si je devais bien dégager à gauche rapidement. C'est là qu'il m'a expliqué que je n'avais pas besoin de me presser, l'avion de ligne faisait une boucle avant d'atterrir.

Direction la pompe, pour un plein, les toilettes et le bar pour un petit raffraichissement avant de repartir. Un peu avant de repartir, je vois l'avion de Ryanair atterrir, et j'ai réalisé un peu après, ce qui venait de se passer avec mon atterrissage.

Ryanair à Poitiers

Une fois les papiers effectués et après une petite collation (sans alcool, je pilote !), j'ai repris le chemin de l'avion. Arrivé à la sécurité, l'employé me dit que je dois remplir son livre avec ma licence. Je lui dit qu'il aurait pu me le dire quand je suis passé dans l'autre sens, car la licence était dans l'avion. Il me dit qu'il suffit que j'aille la chercher, ça ne pose pas de problème. Sauf que l'avion est à la pompe, qu'il faut 5 minutes pour faire le tour et y aller, alors il ne m'a jamais revu avec mes papiers, je crois que ça sera pour la prochaine fois.

J'ai pu décoller sans problème une fois prêt, et sans attendre, pendant que l'avion de Ryanair embarquait ses passagers. J'ai décollé du milieu de la piste, avec plus de 1000m de disponible, sans problème, et je suis monté à 3000ft pour la suite du voyage, et les 45 minutes de vol jusqu'aux Sables d'Olonne. Une fois stable à 3000ft, j'ai remis la musique et j'ai quitté l'aéroport de Poitiers pour Poitiers Info à la radio, et j'ai mixturé. Quelque soit l'altitude, mixturer permet de faire baisser la consommation de carburant de 34l/h à moins de 29l/h, voire peut-être moins car cela dépend de l'altitude, et je n'étais qu'à 3000ft, alors à 9000ft, cela fait certainement encore baisser la consommation de quelques litres.

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Au milieu de ce trajet, je vois, face à moi, un rafale (ou un autre avion de chasse) à la même hauteur que moi, faire une parabole puis redescendre derrière l'avion. Il devait y avoir au moins 20km entre lui et moi avant et après, mais c'était impressionnant. Généralement, on voit ces avions au-dessus ou au-dessous, rarement en face !

Ensuite, j'ai vu la mer, de loin, puis de plus près, j'aime beaucoup. Aux Sables, un hélico passait pas loin, et une personne au sol m'a indiqué la piste en service, j'ai pu m'intégrer directement en vent arrière, passer au-dessus de l'hippodrome, et faire ma base au-dessus de l'eau avant une petite finale sur la plage, au-dessus d'un bois, et un touché sur la piste, un peu courte par rapport à Poitiers (700m par rapport à plus de 2km).

Avion stationné au Sables d'Olonne

Direction le plein, des 2 réservoirs, avec un litre à 2.03€ (bien moins cher qu'ailleurs), et le parking devant l'aéroclub.

Et un beau couché de soleil.

Couché de soleil aux Sables d'Olonne pour le F-GAON

Un autre pilote m'a amené en ville, où j'ai pu passer la soirée en famille.

Le lendemain, pas de brouillard, un ciel très clair ... aux Sables, mais pour faire une nav, il faut un point de départ, Les Sables, et un point d'arrivé, en l'occurrence : Orléans. Et le temps à St Denis de l'Hôtel était très différent. Brouillard toute la matinée. J'ai donc commencé à prévoir un déroutement vers Bourges au début, puis vers Tours au moment d'aller à l'aérodrome vers 14h.

Plage des Sables d'Olonne

J'ai retiré la bâche et mis en route. Quelques minutes après, j'ai décollé, face à la mer. C'est dommage que je ne puisse pas vraiment faire de photos au décollage, mais j'ai autre chose à faire. J'ai traversé la baie des Sables jusqu'au port et à La Chaume avant de prendre les salines à 3000ft pour être au-dessus du réseau TBA (les avions de chasse) qui était certainement inactif, mais que j'avais prévu d'éviter. Je suis donc resté à 3000ft, direction La Roche sur Yon.

La Roche sur Yon

Nantes ne m'a pas vu au radar avant d'arriver à La Roche. Je pense que le transpondeur doit mettre presque 30 minutes pour chauffer, il est vraiment temps de le remplacer. J'ai donc continué en prenant quelques photos, avec la musique dans le casque, en gardant une oreille sur la fréquence et les yeux dehors.

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Mon point tournant principal était Sorigny, au sud de Tours. L'approche m'a confirmer l'autorisation de transit à 3000ft, et j'ai demandé s'ils pouvaient avoir la météo : FEW007 était le temps à St Denis.

Tours Sud par avion

J'ai donc poursuivi ma nav en remontant la Loire, en passant par Amboise :

Chateau d'Amboise

 

et par Chaumont :

Chateau de Chaumont

Je m'attendais à quelques petits stratus, mais en arrivant à St Denis, le temps était clair jusqu'à ce que je descende à 1600ft. Le tour de piste à 1400ft était brumeux, la vent arrière face au soleil et la brume était presque éblouissante, mais personne dans le tour de piste. C'est là où les oreilles sont plus importantes que la vue parfois, et où la musique doit être éteinte. Dernier virage sur la laiterie de St Denis de l'Hôtel, et finale 1h40 après le départ, même pas le temps de vider le réservoir secondaire !

Ce fut une très belle nav, probablement la dernière grande de l'année (ou pas) et certainement la dernière avant les 50h qui doivent être faites dans 3h.