Des vacances en Allemagne

Cette année, j'ai décidé de partir pour des vacances avec l'avion. C'est la première année où je suis propriétaire totalement de celui-ci donc je peux l'emmener avec moi aussi longtemps que je veux, j'en profite donc pour aller un peu plus vers l'est de l'Europe.

J'ai combiné cela avec un voyage découverte que la prof d'Allemand, Henrike, nous propose, dans le Nord de l'Allemagne, à Plön. L'idée est donc de partir d'Orléans pour aller vers Plön pour y passer 10 jours et faire d'autres vols, puis de revenir.

Avant de partir, il y a eu beaucoup de préparation, notamment pour choisir où l'avion allait passer ces 10 jours. Les règles en Allemagne sont un peu différentes de la France, la principale étant que l'on ne peut pas atterrir sur un aérodrome si personne n'est présent à la radio : impossible donc d'atterrir si l'AFIS est fermé. Aussi, le prix de l'AVGAS est bien plus élevé qu'en France, donc il faut faire attention où on fait le plein. Au moment du départ, l'essence est à 1.70€/litre en France, et tourne autour de 2.46€/litre en Allemagne, au retour, on est respectivement à 1.66€ et 2.26€ voire 2.34€ suivant les stations, mais certains aérodromes m'ont indiqué facturer plus de 3€ le litre ... à éviter donc !

L'arrivée sur place à Plön est fixée au dimanche 31 juillet, avec le groupe, mais la météo un peu aléatoire pendant tout le mois de juillet, me pousse à prendre mes précautions : il vaudrait mieux partir le samedi, quitte à arriver le dimanche sur place.

Le départ est donc programmé pour le samedi matin, vers 10h. Maintenant, il reste l'épineux problème de la douane. Schengen, les attentats, et aucun texte officiel ne change les règles ... mais dans les faits, c'est un vrai casse-tête. Voici, pour l'illustrer, les réponses obtenues à ma demande auprès de l'aéroport de Vatry, à savoir s'il fallait ou non faire un passage par les douanes :

Voici la réponse de l'aéroport lui-même :

Nous vous confirmons qu'il n'y aura pas besoin de contrôle douane à votre arrivée ni à votre départ.

Voici, au même mail, la réponse de la douane de Vatry :

Je confirme que suite à l'état d'urgence vous devez remplir un formulaire douane même pour un vol intra-Schengen.

Le problème est que les formalités douanières doivent être faites auprès de l'aéroport, qui transmets à la douane, voyez le casse-tête. Donc pour le départ, j'ai choisi de faire la déclaration du vol directement à la douane, sans forcément me poser à Vatry, car la douane a indiqué ceci :

Les contrôles douaniers, pour les vols intra schengen comme nationaux restent aléatoires et à l'initiative des agents des douanes.

Finalement, on part donc d'Orléans, direction Vatry le samedi vers 10h. J'ai préparé le plan de vol pour aller ensuite à Siegerland, que j'activerai à Vatry. L'idée au début n'était pas de se poser à Vatry, mais juste d'y activer le plan de vol. La raison de ce choix est qu'à Orléans, la douane et l'aéroport n'ont pas le même discours : un contrôle est obligatoire et coûte 130.53€ le weekend en journée (ouverture de l'aérogare obligatoire). Pour éviter cela, je préfère me poser à Vatry, pour 7€ seulement.

Pour ce voyage, j'ai une passagère, Lise, qui est venue faire un tour avec moi quelques semaines auparavant pour s'assurer qu'elle allait aimer le voyage, et apparemment, c'est bien le cas.

Heureusement que l'on n'est que 2 à bord, les bagages prennent alors beaucoup de place derrière :

Bagages

On part donc vers 10h de Saint Denis de l'Hôtel, pour un vol initialement vers Vatry, après avoir pris la météo pour Vatry et Siegerland. Pour le premier, ça passe, mais pour le second, rien de moins sûr. Les nuages sont épars, mais pas certain, si on monte, de pouvoir à coup sûr redescendre, donc on reste vers 2500ft jusqu'à Vatry.

Lise et moi

Arrivé sur Vatry, je demande la météo à Siegerland, il est un peu plus de 11h et la météo que l'on me donne est mauvaise, environ 1500ft pour une base des nuages assez dense à Siegerland. Comme c'est vallonné par là, je préfère avoir un peu plus de plafond, au moins 2000ft pour pouvoir manoeuvrer tranquillement. Je décide donc d'atterrir, ce qui devrait en même temps me permettre d'être disponible pour la douane s'ils veulent me contrôler. On fait donc quasiment une PTU pour atterrir, en passant de 2500ft au sol, quasiment sans moteur, vu que j'étais vertical des installations et que la piste fait 4km !

Arrivé au sol, on se donne 1h pour les papiers, la météo et manger un peu. A l'accueil, ils doivent refaire la facture pour la taxe, car de 7€, on est passé à 17€ car ils pensaient que je prenais un passager (or celle-ci n'est qu'en transit donc sans frais), et pour la météo, elle est rapidement bonne, donc on se pose juste pour manger un peu et on repars.

Le plan de vol est déposé grâce à SkyDemon, la douane nous dit qu'il n'y a pas besoin de formalités, on part donc pour l'Allemagne, direction Siegerland. Les nuages sont autour de 2000ft-sol donc on navigue en-dessous.

Apparemment, Paris info perd mon transpondeur quelques minutes puis le retrouve ...

Pour cette partie du trajet, ce n'est pas très compliqué : on traverse le Luxembourg, puis on arrive en Allemagne, et on passe près de Bitburg, Koblenz, et on continue ensuite pendant un quart d'heure et on arrive à Siegerland. C'est un coin très vallonné. L'aérodrome est sur une de ces collines, ce qui est un peu surprenant au décollage ou à l'atterrissage ... mais assez sympa de voir ces reliefs.

Le Rhein

Allemagne

Arrivée sur Siegerland

Siegerland est un bel aérodrome, assez grand, peu fréquenté semble-t-il, et avec, comme la plupart du temps en Allemagne, un restaurant sur place. Je suis donc allé faire le plein, puis je suis allé garer l'avion au pied de la tour. Cela a été un peu difficile : sur les bords de la piste et du tarmac, il y a de petites lampes bleues. Celles-ci ont une antenne, pas toujours visible. Je me préparais à faire demi-tour au-dessus d'une de ces lampes quand j'ai du m'arrêter net car l'antenne aurait pu vraiment endommager l'aile. J'ai donc coupé le moteur et j'ai du manoeuvrer l'avion à la main, moteur arrêté, pour le remettre où il fallait.

Après une courte pause au restaurant où l'on a bien mangé, retour à la vérification de la météo. Celle-ci ne semble pas très bonne sur le trajet, donc il faut adapter le trajet et prévoir une escale. Je décide donc d'aller à Braunschweig-Wolfsburg (EDVE) et on avisera ensuite. Ce trajet est un peu vallonné aussi, mais on descend petit à petit, donc l'altitude des nuages descend aussi mais cela permet quand même de bien voler. A l'arrivée sur Braunschweig, je préfère atterrir pour vérifier la météo car la visibilité n'est pas formidable, mais les conditions sont assez bonnes. Il faut simplement être sûr d'arriver à Lübeck avant 20h, pour la fermeture, et Braunschweig fermant à 21h, cela permet d'avoir une base de repli en cas de problème.

Forêts Allemandes

On repart donc pour cette dernière branche à 18h40, pour une heure de vol. On traverse l'Elbe et on arrive alors sur Lübeck vers 19h30. Ce dernier trajet aura été finalement assez simple, et il fait un beau soleil à l'arrivée.

Plat pays Allemand

Groß Sarau

Atterrissage puis direction l'essence où je fais le plein du réservoir principal uniquement, afin de pouvoir faire un petit vol local la prochaine fois. Le hangar C a de la place pour le F-GAON, et nous voilà, avant 20h, sur le quai de la gare qui est à seulement 200m de l'aérodrome, prêt pour 1h40 de train jusqu'à Plön !

Ca y est, après 4h42 de vol et 1010km, on est arrivé à destination. Pour le reste, je ne pilote plus, c'est repos. C'était un très bon vol, très instructif et finalement assez simple mais il aura fallu 3 escales pour être sûr que la météo était avec nous. Le problème en Allemagne est qu'il n'y a pas de cartes TEMSI comme en France, donc il faut voler avec les METAR, les TAF et la carte radar météo de Wetter.de.