Voyage en Hollande

On est le 24 août, c’est bientôt la fin des vacances, une dernière grande nav s’impose avant la reprise. Le beau temps est toujours de la partie, sauf au nord, donc pas de nav vers le Royaume-Uni. J’aime beaucoup aller en Allemagne, bien sûr, mais un peu d’originalité n’est pas mauvais, la destination sera la Hollande, avec un petit tour en Allemagne, bien sûr, et une curiosité : les mines de charbon à ciel ouvert de la vallée du Rhin.

Pour ce voyage, on sera 2 pilotes, et un passager. Didier sera l’autre pilote et pilotera un peu, et Loïc, qui veut devenir pilote, va nous accompagner pour voir ce que c’est que de voler loin (et peut-être lui transmettre l’envie de faire pareil plus tard !).

La préparation a 2 parties à faire vraiment consciencieusement :

  • la première partie concerne l’administration. Nous quittons la France, cela nécessite un plan de vol et de prévenir la douane. J’ai fait ça 2 jours avant, pour Orléans, ce qui a été accepté, mais la veille dans l’après-midi, panne de pompe AVGAS à Orléans, donc je dois annuler la demande de douane, trouver un autre endroit pour avitailler et faire la douane, et refaire les demandes. Ca sera finalement Troyes, car j’ai assez d’essence pour y aller et le préavis de douane est la veille avant 17h. Je l’envoie à 16h50 et il est accepté !
  • la deuxième partie concerne la Hollande. C’est un pays où voler est complexe, car il y a beaucoup de zones militaires, quasiment tout ce qui n’est pas une zone de grand aéroport est militaire. En dehors des zones militaires, ce sont des zones de classe C, ce que nous n’avons que rarement en France, et qui demande de la préparation et de la rigueur pendant le vol, c’est du contrôle, tout ce qu’il y a de plus contrôlé. Par dessus tout ça, il faut bien sûr ajouter les plans de vol, obligatoire avant de pénétrer dans le pays, et dans les zones de classe C ou D, autrement dit partout ou presque.

Pour être sûr que tout se passe bien, en Allemagne comme en Hollande, j’appelle les aérodromes avant pour m’assurer que quelqu’un parlera bien Anglais à la tour et que j’ai le droit d’atterrir au moment voulu. En Hollande, il fallait faire une demande PPR (demande préalable avant d’arriver), et après avoir vérifié en Allemagne, c’est aussi obligatoire car il y a un NOTAM pour la période.

Rendez-vous donc le vendredi matin à 9h à l’aérodrome pour le départ.

Le départ

Pas besoin d’être trop ponctuel ce matin-là car la météo n’est pas très bonne. Il semble que l’on puisse à la limite aller jusqu’à Troyes, mais pas plus loin … en tous cas, c’est ce qu’on peut lire sur les cartes TEMSI France de 6h et 9hUTC. Ceci n’est pas un conseil mais mon opinion personnelle : ces cartes sont là pour que MeteoFrance et les différentes compagnies aériennes se couvrent, elles sont trop floues pour donner un réel aperçu du temps présent, quand elles sont disponibles avant que l’on décolle, ce qui n’est pas souvent le cas, surtout si le vol dure 2h.

Je regarde donc les applications Meteo&Radar (Das Wetter, le Meteo France allemand, qui donne un accès en direct aux images satellites des nuages et au radar météo de toute l’Europe), Windy (qui donne la base des nuages sur l’ensemble du monde, de manière lisible, en HAUTEUR et non en ALTITUDE, ce qui permet de savoir si ça passe ou pas) et Aero Metar, application qui donne les METAR et TAF sur l’ensemble des terrains, que l’on peut facilement sélectionner et visionner en direct. Pour info, ces applications fonctionnent aussi une fois en l’air, donc c’est très utile au fil du vol.

D’expérience, en allant souvent vers l’Allemagne, mais ça marche aussi un peu vers le Massif Central, quand on a une base de nuage à 8h, celle-ci augmente suivant l’heure, grâce au soleil, quand il est là, tout le monde le sait, mais aussi cette base monte en suivant l’altitude du terrain. Autrement dit, quand on part à Orléans avec 1500ft-sol de plafond vers l’est, et que l’on a les bonnes prévisions d’un temps un peu identique à l’est, les 1500ft-sol continuent au fur et à mesure où le sol monte. C’est ainsi qu’à Orléans, on se retrouve avec 2500ft de plafond au décollage ce vendredi matin, et au Luxembourg, puis en Allemagne, on a la même couche, avec 4000ft de plafond (le sol est à 2000ft là-bas contre 500ft à Orléans), ma théorie est bonne (c’est suite à mon expérience, ce n’est pas une règle mais un indice à vérifier avec les applications avant ou pendant le vol.

On décolle donc avec un peu de retard, à 10h45, et c’est Didier qui fait la première manche vers Troyes. Tout se passe bien et on arrive à Troyes 50 minutes après.

On fait les 2 pleins à 2.076€/l, pas de douane et on repart direction Dahlem, avec un plan de vol

Direction l’Allemagne

On est bien parti pour Dahlem, mais j’ai oublié de les rappeler pour le PPR. Je passe donc le manche à Didier, maintenant à droite, et je sors mon téléphone et les appelle pendant qu’on tourne près de Troyes pour être sûr d’avoir du réseau. J’ai réussi à faire toute la conversation en Allemand, pour les prévenir de mon arrivée, et un 360 plus tard, on est reparti, direction le Luxembourg.

Comme Didier connait bien la zone autour de Verdun, on peut observer quelques lieux importants pour la première guerre mondiale.

On arrive vers le Luxembourg, et comme prévu, la base des nuages est moins menaçante, et plus haute en altitude. On traverse vers le nord ouest du Luxembourg et on arrive en Allemagne.

Je fais la radio en Anglais, avec le SIV Allemand, Didier essaie mais n’est pas très confiant. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. En arrivant sur le terrain de Dahlem, je tente ma chance. Je fais le message bonjour en Allemand. Rien de particulier et l’AFIS parle lentement, je comprends tout et je répète.

Ensuite, en Vent arrière, je continue le tour de piste en Allemand, sauf la base dont j’ai oublié le nom, pas de message. Je fais donc quasiment tout en allemand, jusqu’à avoir quitté la piste où je repasse en Anglais pour les directions au sol, ne sachant pas comment on dit piste libérée et je veux refueler. Mais c’est un bon début.

On prend un peu de temps pour manger dans un petit resto allemand sur l’aérodrome.

Plein Nord direction la Hollande

Après un peu plus d’une heure, on repart. Au décollage, on se trouve face à des éoliennes qui sont quasiment au niveau du tour de piste, donc au lieu de tourner à droite vers le nord après le décollage, on continue tout droit, et on tourne après le champ d’éoliennes (voir sur la photo ci-dessus, les éoliennes sont sur la droite et bien hautes, proche du circuit de piste).

On remonte toute la vallée du Rhin et on voit assez rapidement les mines à ciel ouvert que je voulais voir.

Ces mines font plusieurs kilomètres de long et de large, celle ci-dessous doit faire plus de 10km de côté.

Pour la radio, j’ai essayé en Allemand, mais le SIV m’a répondu avec un message de traffic, dont je n’ai compris que “11h” donc je suis directement repassé en Anglais, c’est bien dommage car j’aurai sûrement compris le code transpondeur et le QNH.

On voit une autoroute avec un gros bouchon et un accident, près d’une des mines à ciel ouvert, avec un bouchon dans les 2 sens, et les pompiers sur place.

On longe la frontière Hollandaise un moment pour arriver bien au nord de Eindhoven, dans une zone C. Le but est de passer dans la zone, contourner la ville pour bien la voir, et passer ensuite vers Weert/Budel, notre destination.

En arrivant dans la zone de Eindhoven, un avion de ligne était en train de manœuvrer pour atterrir donc on a bien contourné la ville, mais dans le sens opposé. On est ensuite parti vers Weert/Budel pour atterrir.

Une fois sur place, il ne fallait pas traîner, on n’était déjà pas en avance, donc on est juste descendu payer la taxe de 33€, et on est reparti. J’ai appris que les taxes en Hollande étaient très chères pour voler, par exemple la licence de pilote privé, qui coûte une fois 50€ en France, je crois, coûte 500€ à 700€ en Hollande. Il y a très peu d’aérodromes privés dans le pays.

Retour vers Orléans

On repart donc de Weert/Budel, direction Épernay par la Belgique (Maastricht en Hollande, Liège puis les Ardennes Belges et Françaises). On passe ensuite la frontière vers Charleville-Mézières et retour par Epernay où on fait le plein avant de rentrer. Le retour est toujours moins intéressant avec moins de surprises, surtout quand on est du côté français.

C’était la première fois que j’atterrissais en Hollande. C’était aussi la première fois que ma destination était par là, généralement c’est un lieu de passage entre la France et l’Allemagne, mais pas une destination. Et c’était une belle destination pour une navigation de fin de saison. L’avion n’a plus que 11h de potentiel, et l’été a été riche en expérience.