Vol annulé : St Petersbourg - Moscou

Jeudi après-midi, vers midi, on sait que le lendemain, la météo ne sera pas bonne. Ordre est donné de se rendre à l'aéroport pour partir de suite. Malheureusement, un problème administratif nous empêche de partir. Demi-tour pour l'hôtel avec un rendez-vous de départ à 7h le lendemain.

Le vendredi, arrivée à l'aéroport vers 7h30. A cette heure, le trafic est fluide et on arrive donc rapidement. On met un peu de temps pour aller vers les avions, car il faut signer des papiers et passer la sécurité. Le décollage est prévu vers 8h, peut-être 9h. Les plans de vol sont valables pendant une heure.

Je m'aperçois que 2 réservoirs sur 3 sont pleins, suite à une erreur de ma part car je n'ai pas modifié la quantité de carburant demandée à St Petersbourg suite au changement de trajet (nous devions au début passer par la Finlande). Mais ce n'est pas grave, cela me fait normalement 190l, de quoi faire au moins 5h de vol, avec les réserves règlementaires.

La météo indiquait qu'il fallait arriver sur Moscou avant 14h. Le briefing météo d'Hervé avant le départ était "... mais c'est CAVOK [faites pas chier]...".

Mise en route et départ prendront au total 2h, et nous décollerons à 11h.


Décollage propre, montée à 2500ft puis 3500ft puis FL050 puis FL090.

Les premiers avions passent, les suivants suivent, certains ne suivant pas la même trajectoire, d'autres pas la même altitude.

A un moment, un pilote dit "nous sommes au FL090, mauvaise visibilité mais ça passe". Je demande "Est-ce VMC ou IMC ?", la réponse est "Nous sommes entre 2 couches, avec une mauvaise visibilité", j'insiste en demandant s'ils sont bien entre 2 couches ou dans une couche, et la réponse est vague ...


En montant vers le FL090, on se rapproche de la couche du dessus, puis on stabilise autour de 8000ft et on pénètre cette couche. En moins de 3 secondes, l'avion tourne à gauche tout seul ... les repères sont perdus. C'est difficile de passer de dehors à dedans pour faire de l'IMC, surtout quand on n'a pas l'habitude, qu'on n'a pas bien dormi les jours qui précèdent, et qu'il faut en même temps vérifier la nav et faire la radio en anglais avec des contrôleurs qui nous prennent pour des IFR. Pas l'habitude. On redresse.


Quelques minutes plus tard, 2ème tentative avec un autre nuage. Même correction.

On demande à changer de cap. Accordé.


Plein sud, on a le choix : continuer vers la crasse ou rentrer à St Petersbourg et recommencer demain.

Je propose : on rentre et on vois plus tard, c'est trop incertain et on n'a qu'un DR-400 sans pilote automatique. Accepté.

Demande de guidage au contrôle, retour accepté. Cap et suivi OK.

Sur le retour, les nuages forment des couches et on reste loin d'elles, mais en regardant dehors, l'horizon n'est qu'un leurre : les couches de nuages ne sont pas droites et en les prenant comme horizon, l'avion tourne. C'est fini : on ne regarde que dedans pour rentrer, et c'est fatiguant (radio, contrôle, nav, ...).


Arrivée sur St Petersbourg, suivi radar, tout se passe bien. On se pose, on traverse l'aéroport pour aller se garer et j'ai une forte envie de pisser. Je n'ai rien bu de plus que les autres matins, un verre de jus d'orange au petit déjeuner, mais je n'ai jamais autant pissé que ce matin ! Le stress sûrement !

Bilan de la journée après 1h50 de nav et retour au point de départ : une petite frayeur sans gravité car on était haut et on était 2. Quelques problèmes en perspective car il faut refaire les plans de vol et trouver de l'essence car je n'en ai plus assez pour faire le trajet complet.

Prochaine tentative dimanche ...