Traversée de la Mer Noire

Dimanche, c'est le jour de notre départ de Russie. Je savais qu'il était difficile de rentrer en Russie, mais je savais aussi qu'il était difficile d'en sortir, et j'avais raison. Il nous a fallu plus de temps pour faire les vérifications à la sortie de la Russie qu'à l'entrée à Pskov !

Une fois les passeport vérifiés, nous sommes allés au briefing météo. Il était déjà plus de 9h, et à 6h, j'ai envoyé les cartes de prévision de la journée sur WhatsApp ... sans réponse. Au briefing météo, les Russes nous ont dit ceci : il y a de gros orages sur la mer, sur votre trajectoire, c'est très dangereux de s'y aventurer, nous vous le déconseillons fortement. Ils ne se déplacent pas, mais perdent en intensité, il faudrait attendre le début d'après-midi pour partir.

Ensuite, s'en est suivi 2h de discussion en vérifiant différentes sources (qui disaient la même chose d'ailleurs) pour en arriver à la conclusion qu'il fallait partir en début d'après-midi.

En fait, la décision n'a pas été prise de partir en début d'après-midi, mais elle a été de partir tout de suite, par une route différente, plus à l'ouest. Seulement comme ces discussions ont pris plus de 2h, et qu'une fois arrivé aux avions, cela a encore pris une heure pour décoller, au total, il était 13h quand nous sommes partis !

Pour une fois, au briefing, Hervé, un instructeur pilote de ligne, qui a pour habitude d'expédier le briefing météo en disant "CAVOK avec risque d'orage", a totalement changé de discours : "moi, je ne vais pas me bousiller en mer avec des orages à la con, j'attends et on partira plus tard". Langage toujours aussi cru, mais censé. L'organisateur ne l'a pas non plus écouté, alors il a décidé de partir le dernier pour une fois. Sage décision.

Suite à l'incident d'hier, côté radio, notre position a changé dans la liste des départs, et nous sommes passé dernier des DR-400. Encore une marque de confiance qui résume bien l'ambiance du Rallye Aéro France.

Pas de briefing complet, juste cette discussion de 2h sur les risques d'orage, et nous sommes partis à 13h.

Décollage en piste 24 direction la mer, au niveau 50 puis 60 à cause de quelques cumulus. La montée semble avoir été fatiguante pour Annie, ma copilote qui l'a effectuée. Impossible de regarder dehors, il faut se fier uniquement aux instruments car, bien que la météo était bonne, il n'y avait pas d'horizon fiable et tout le vol s'est fait aux instruments, pendant 2h.


Pour ma part, je n'ai pas trouvé ça plus fatigant qu'un autre vol, au contraire. Au-dessus de la mer, pas de turbulence, le vol a été super calme. On s'est passé les commandes à intervalle régulier, et à chaque fois que j'ai piloté, je n'avais quasiment pas besoin de toucher les commandes !

Ma peur était de ne rien voir de fiable et que ça bouge, mais finalement ce vol était le plus calme du voyage, avec une superbe visibilité. Heureusement que nous avions quand même 2 horizons artificiels en cas de perte de l'un des deux !

Nous sommes arrivés à Samsun, accueilli avec un barbecue. Il a fallu payer l'essence en liquide, et on est reparti très vite vers Istanbul.

La deuxième navigation de la journée, vers Istanbul, était très belle. On a pu longer la côte pendant plus de 2h30, entre 3000ft et 4000ft, avec une vue magnifique ... mais avec le soleil en face.


C'était une des plus belles journées de vol. Malheureusement, à la fin de cette journée, fatigante, au lieu de se retrouver tranquillement à l'hôtel, il a fallu aller manger et on s'est couché après minuit ! Ca fait de longues journées !