Le Tour de la Bretagne

Le 5 août, une belle journée s’annonce. J’ai donc proposé aux pilotes du club de faire un grand voyage, comme rarement j’ai pu faire et comme jamais cela n’a été proposé : faire le tour de la Bretagne dans la journée.

Pour faire le tour de la Bretagne, il faut déjà aller en Bretagne. Cela prend, depuis Orléans, plus d’1h30. Ensuite, le tour de la Bretagne en lui-même, suivant le type d’avion, entre 3h et 4h, en longeant les côtes. Malgré cela, nous étions 9 à nous lancer (une dizième personne a du annuler au dernier moment pour raison de santé). Cela a permis de faire 3 avions :

  • Je suis parti dans le F-GAON avec 3 autres personnes, Jean-Baptiste, un habitué, avec son fils Mathieu, et Xavier, un élève pilote qui va assurer le pilotage une partie du vol.
  • XA, un DR-400 120cv avec Frédéric et Françoise (c’est déjà bien, 2 personnes dans ce type d’avion, dont la vitesse et les réservoirs ne sont pas vraiment faits pour les longues navigations)
  • Michel, Bernard et Patrick ont pris le KZ

 

La première étape était Orléans Laval, pour permettre à XA de refueler, et pourquoi pas de changer de pilote. Ca permet aussi, et je trouve ça important, d’aller sur des terrains que je ne connais pas. On est juste resté quelques minutes le temps pour XA de refueler et on est reparti directement vers le Mont Saint Michel.

Une fois arrivé au Mont Saint Michel, on a donc longé la côte jusqu’à Lannion. Cela nous a fait traverser les zones autour de Dinard, mais cela n’a pas semblé poser de problème, on a eu les clairances à chaque fois sans difficulté. Arrivé vers Roscoff, direction Lannion pour notre escale de midi. C’était étonnant, il faisait très beau partout, mais les nuages autour de Lannion étaient plus bas qu’ailleurs et il était alors difficile de faire une verticale. Heureusement que le service AFIS était là, on a donc pu faire des directes à chaque fois, pour chaque avion.

A Lannion, l’arrêt a duré un peu plus longtemps qu’à Laval, puisqu’on y a mangé. J’avais bien prévenu tout le monde qu’il fallait penser à amener son pique-nique mais certains ont oublié, on a partagé le pique-nique des autres. Le restaurant de la plateforme était fermé, et le restaurant le plus proche était à 20-30 minutes de marche, ce qui nous aurait fait perdre plus d’une heure, et le timing est serré !

La partie la plus intéressante du voyage est la suite : de Lannion à Vannes.

Une fois parti de Lannion, certains pilotes n’étaient pas sûrs de traverser à Brest du nord au sud. C’est vrai que c’est une zone où il y a des zones militaires, et aussi une zone d’eau, ce qui signifie que si l’on est trop bas, il faut des gilets de sauvetage, que l’on a pris, mais que personne n’a porté car tout le vol s’est déroulé l’aile gauche sur le bord de mer la quasi-totalité du temps.

J’ai donc appelé à la radio Iroise pour lui indiquer que nous étions 3 avions, et ce que nous voulions faire (traverser Brest du nord au sud). Cela semble avoir rassuré les pilotes des autres avions et tout le monde a passé la rade, Michel et le KZ en tête, moi ensuite et Frédéric et Françoise dans le XA à la suite.

 

Personnellement, je connaissais plutôt le nord de la Bretagne, et peu le sud, mais une fois au sud, les côtes sont bien plus belles qu’au Nord, avec des plages partout, et des reliefs plus plats, c’était magnifique. On a longé la côte, avec l’accord du contrôle, jusqu’à la presqu’île de Quiberon, puis on a rejoint Vannes.

L’arrivée sur Vannes a été un peu compliquée. KZ est arrivé en premier, s’est intégré, mais il a du faire une remise de gaz car les avions doivent remonter la piste pour la quitter, ce qui ralonge la durée de chaque atterrissage, et il y avait une demi-douzaine d’avions en l’air au moment de notre arrivée, ce qui fait des tours de piste assez serrés. Je suis arrivé dans une accalmie, je me suis intégré en vent arrière, au moment où le KZ a remis les gaz, et j’ai pu faire bien attention à l’espacement avec l’avion devant, alors que 2 autres avions voulaient s’intégrer en base. Ils se sont finalement reportés en vent arrière, et j’ai pu atterrir … puis remonter rapidement la piste pour laisser passer l’avion en finale sans le faire remettre les gaz, car c’était KZ ! La personne a l’AFIS a avouée dès notre arrivée en approche, qu’il y avait trop de monde et qu’elle n’était pas capable d’indiquer où se trouvaient les avions ! Rassurant !
XA est arrivé peu après, et c’était un peu plus calme.

La file d’attente n’était pas juste en l’air, mais aussi par terre, à la pompe. Il y avait 5 ou 6 avions en file indienne, si bien que KZ a décidé de repartir pour faire une pause à Angers pour changer de pilote. Finalement, cela ne leur a pas pris plus de temps que nous qui avons attendu pour prendre de l’essence à Vannes.

Taxes payées, tout en place, le départ était aussi serré. Si bien que la tour a proposé à l’avion derrière moi de me suivre pour remonter la piste, les 2 avions auraient alors décollés l’un derrière l’autre. C’est assez fréquemment que l’on me propose cela, généralement, c’est l’AFIS ou le contrôle qui propose. Mais l’avion derrière n’a pas compris et j’ai donc pu décoller tout seul.

Le retour, après avoir quitté la côte, était plus sobre, du vert partout, et quelques champs jaunes ; après les 4 heures passées à espérer puis à voir et à voler au-dessus de la mer, le retour a toujours un goût plutôt amer.

Qu’à cela ne tienne, la journée nous a permis de faire plus de 6h de vol, de 10h à 20h. Les passagers arrières ont semblé très satisfait de leur balade, et mon copilote a aussi bien aimé le vol, je pense.

Une journée bien réussie, et inoubliable : on ne fait pas tous les jours 6h de vol, en faisant le tour de la Bretagne sous le soleil !