Voyage vers Southend-on-sea

Depuis plusieurs mois, j’essaie de proposer des voyages à l’aéroclub d’Orléans. La difficulté d’organiser des voyages, notamment quand ils sont assez long comme ici, c’est qu’il faut prévoir une destination intéressante, et choisir une date. On peut donner une destination sans date, ce qui est très simple, il suffit alors de trouver le bon moment pour y aller, mais alors personne ne sera disponible, ou prévoir une date sans destination précise, mais alors on peut se retrouver à Chambord alors que chacun s’attendait à aller au bord de la mer. L’exercice n’est donc pas simple.

Le voyage proposait était d’aller ce weekend du 1er mai, sur 3 jours, à Southend-on-sea. La fenêtre de 3 jours permet une assez grande flexibilité.

Avant de partir, comme d’habitude pour ce type de vol, il y a beaucoup de choses à préparer. Il faut notamment appeler les aérodromes où l’on veut s’arrêter, pour savoir si c’est possible, et parfois s’il faut prévenir avant (PPR), il y a aussi les formalités de douane, les plans de vol, et il faut bien sûr préparer correctement la navigation et les approches notamment si c’est un terrain sur lequel on n’est jamais allé. Cette préparation prend généralement autant de temps, voire plus longtemps que la navigation en elle-même.

Aussi, depuis mardi dernier, je prépare cette navigation, avec une préparation minutée car la météo n’est pas totalement en notre faveur : il va faire beau le samedi, mais pas le dimanche ni le lundi. Or, pour éviter de rester coincer en Angleterre (chose assez fréquente), j’ai choisi de faire l’aller et le retour dans la journée, avec un petit vol touristique entre les 2.

Les options que j’ai choisi pour préparer le vol au début, n’ont finalement pas été retenue pour le vol en lui-même, enfin pas totalement. Voici ce qui était prévu :

  • Départ d’Orléans vers Le Touquet pour la douane
  • Le Touquet vers Lydd pour manger le midi
  • Lydd vers Southend-on-Sea pour découvrir le sud-est de l’Angleterre
  • retour par Lille pour la douane
  • puis retour à Orléans le soir

Malheureusement, l’aéroport de Southend-on-sea est actuellement en travaux. Les atterrissages sont possibles mais très règlementés et coûtent £200, ce qui m’a tout de suite poussé à chercher un autre terrain. Southend-on-sea a donc été remplacé par Headcorn (EGKH), un petit terrain en herbe à 15 minutes de vol de Lydd.

Aussi, en préparant, j’ai appelé Lille. Leurs tarifs sont flous, et il m’a fallu plusieurs échanges de mail pour comprendre qu’un atterrissage pour la douane à Lille me coûterait 60€. A la place, j’ai décidé d’aller à Calais, un petit terrain près de la Manche, où l’atterrissage serait moins cher et plus rapide !

Pour atterrir en Angleterre, pas de terrain douanier, simplement un formulaire, GAR, à remplir en ligne, sur lequel il faut faire figurer tous les éléments sous peine de voir les douaniers débarquer à l’atterrissage (ça m’est arrivé à Cambridge).

Comme ces vols devaient être faits sur la journée, il fallait aussi un bon timing, donc voici celui que j’ai donné :

  • Rendez-vous à 9h30 au hangar (le plein de l’avion est fait)
  • 10h   : décollage pour Le Touquet
  • 11h30 : arrivée au Touquet, formalités douanières et refuel
  • 12h30 : décollage pour Lydd
  • 12h (UK Time) : arrivée à Lydd, où l’on pourra manger
  • 13h   : décollage pour nav vers Headcorn (via Southend on sea)
  • 14h   : arrivée à Headcorn, refuel
  • 15h   : décollage pour Calais
  • 17h (FR Time) : arrivée à Calais pour formalités douanières
  • 18h   : décollage pour Orléans
  • 19h30 : arrivée à Orléans
  • 20h   : hangar fermé

Malheureusement, dès le début de la journée, on a pris 30 minutes de retard. Il a fallu un peu plus de 30 minutes pour sortir l’avion du hangar et on a décollé à 10h30. On a conservé ces 30 minutes de retard quasiment toute la journée, jusqu’au retour, où l’atterrissage à Orléans a été fait à 20h01 avec 31 minutes de retard, mais largement avant le coucher du soleil qui avait lieu à 21h !

Nous sommes donc parti, avec Didier et Fred, pour 5 tronçons qui allaient nous prendre toute la journée.

Tronçon No 1 : Orléans Le Touquet (1h39)

Ce premier tronçon est totalement en France, ce qui reste assez simple : pas de plan de vol, toute la radio est en Français. Mais je suis passé par des zones que je ne connais pas bien, Rouen par exemple.

Nous avons eu quelques beaux nuages sur le trajet, qui nous ont forcés à faire un petit détour notamment près de Rouen. Pendant un moment, on pensait pouvoir passer au-dessus, mais arrivé au niveau 70, impossible, il a fallu passer en-dessous, à 2500ft, la descente était assez raide !

Le nord de la France, près de la Manche, est déjà très beau, et on a longé la côte à partir de la baie de Somme pour rejoindre Le Touquet. Très beau !

Arrivé au Touquet, pas de douane, mais une personne nous a confirmés que le fait de s’enregistrer sur son cahier suffisait pour la douane (j’avais envoyé un email auparavant de toutes façons). L’arrêt a été technique et rapide mais …

Tronçon No 2 : Le Touquet Lydd (0h32)

Le Touquet était très calme au moment de notre arrivée, beaucoup moins quand nous avons voulu partir. Les atterrissages se succédaient et nous avons passé environ 10 minutes à attendre pour avoir un créneau pour décoller. Le contrôleur faisait bien son travail, mais les avions venaient de partout, et se succédaient sur la piste, à peine un avion était posé qu’un autre était en finale, difficile de faire décoller les avions au sol. Au bout de 10 minutes, on a quand même pu avoir un créneau pour aller vers le taxiway puis décoller rapidement avant qu’un autre avion n’atterrisse quelques minutes après.

Une fois décollé, direction Boulogne pour traverser au plus court. Pour traverser, nous avions les gilets de sauvetage, et il faut aussi tenir compte de la visibilité pour avoir un horizon qui ressemble à quelques choses pour les 15 minutes que nous devions passer sur la mer. A ma grande surprise, on voyait déjà clairement la côte britannique avant même de commencer à traverser, ce qui a grandement facilité celle-ci. La visibilité était vraiment très bonne, bien meilleure à partir de la Manche qu’en France.

Lydd est un terrain situé au bord de la Manche, et la montée initiale (ou la finale parfois) arrive au-dessus d’une centrale nucléaire sans que cela ne pose de problème apparemment. C’est un terrain un peu désertique, mais l’idée était de se poser là avant de faire une balade touristique dans le sud de l’Angleterre. Tout s’est bien passé, on est arrivé directement en base et on a pu s’arrêter pour manger un peu avant de repartir mais …

Tronçon No 3 : Lydd Headcorn (0h58)

Avant de partir en balade, ce ne sont pas 10 minutes mais plutôt 20 minutes que nous avons attendus avant de pouvoir décoller. Contrairement au Touquet, on ne peut pas dire que le contrôleur faisait correctement son travail. Jamais plus de 2 avions en tour de piste, les autres orbitaient à côté du terrain, et lorsque la piste était libre, il ne se passait plus rien. On a mis 20 minutes pour aller au point d’arrêt alors qu’à plusieurs reprises, il aurait pu nous autoriser à aller au point d’arrêt et nous faire attendre là-bas !

Comment perdre du temps inutilement, mais qu’il faut quand même compter dans le planning au cas où cela se produit …

Mais on est finalement parti, directement Canterbury d’abord, puis on est allé vers Southend-on-sea pour faire une verticale.

Voici le sud est de l’Angleterre avec une visibilité jamais obtenu auparavant :

En arrivant près de Southend-on-Sea, on voit le Southend Pier, point de repère et de report VFR :

Après, on est reparti vers le sud ouest pour prendre une photo du Queen Elizabeth II Bridge au Dartford Crossing :

On est ensuite reparti vers le sud est pour aller à Headcorn.

L’arrivée s’est bien passé, mais c’est un terrain où, bien qu’il y ait quelqu’un à la radio, il n’y a pas vraiment de messages. “Je vais faire une directe vers la finale 10 si personne ne se trouve en tour de piste. Pouvez-vous me confirmer que c’est possible ?”, réponse : “Faites comme vous voulez, assurez votre séparation et évitez la verticale” !

La pompe AVGAS est en libre service, nous avons donc fait le plein. Libre service veut dire “servez-vous et venez ensuite payer à la tour” et quand on vient payez, simple question “combien de litres avez-vous pris ?”. C’était assez amusant et l’ambiance dans l’aérodrome était très bonne …

Pause à Headcorn (1h40)

Je crois que si la météo ne nous avait pas obligé à rentrer, on serait resté le restant de l’après-midi sur place. Plusieurs avions dont un Spitfire et un De Havilland DH-104 Devon C.2 qui emmenaient des personnes faire un tour au sud près des côtes. Cela a beaucoup plu à Didier et Fred, et ça a permis de faire une pause bien méritée en mangeant une glace sous le soleil du sud de l’Angleterre. Génial !

 

Tronçon No 4 : Headcorn Calais (0h38)

Toutes les bonnes choses ont une fin, et c’est après avoir profité de ce soleil et des ces beaux paysages que nous avons du repartir en France. La traversée de la Manche a pris un peu plus de temps car le vent venait du sud.

A notre arrivée en France, les nuages ont pris la place du soleil et une fois à Calais, il faisait un peu frais. Ca n’est pas très grave car nous n’avons pas passé beaucoup de temps à Calais : tout était fermé, pas de douane, pas d’AFIS, pas d’accueil, on est donc reparti rapidement, ce qui a permet de rattraper un peu le temps passé à Headcorn.

Tronçon No 5 : Calais Orléans (1h58)

A Calais, contrairement au Touquet et à Lydd, pas d’attente pour décoller. Le moteur était chaud, ce qui nous a permis de reprendre le vol très rapidement. La suite est très simple : pas de nuages au-dessous de 3000ft donc le vol complet a été fait autour de 3000ft pour contourner les zones de Paris par l’est cette fois, et arrivé autour de Paris, les nuages ont complètement disparus et nous avons pu atterrir à Orléans avec un grand beau soleil. Le tronçon du retour est toujours plus long que les autres, d’abord en temps, mais aussi en routine et en ennui. Moins de choses à voir, la fatigue ou l’ennui qui commence à se faire sentir, la radio en Français, les zones à bien vérifier pour éviter planeurs et voltigeurs. Tout s’est bien passé et on est arrivé à Orléans sur un terrain un peu désert, seuls quelques parachutistes fermaient la marche avec un dernier vol qui nous a forcé à faire un tour de piste au lieu d’une longue finale.

Voici le timing finalement exécuté :

  • Arrivé à 9h40 au hangar
  • 10h30 : décollage pour Le Touquet
  • 12h10  : arrivée au Touquet, formalités douanières et refuel
  • 12h55  : décollage pour Lydd
  • 12h30 (UK Time) : arrivée à Lydd, où l’on a pu manger
  • 13h40  : décollage pour nav vers Headcorn (via Southend on sea)
  • 14h40  : arrivée à Headcorn, refuel, spectacle et glace
  • 16h   : décollage pour Calais
  • 17h38 (FR Time) : arrivée à Calais pour formalités douanières
  • 18h   : décollage pour Orléans
  • 20h01 : arrivée à Orléans
  • 20h30 : hangar fermé

Inutile de préciser que c’était une très belle journée, avec de très beaux paysages et de très bons moments en l’air, comme par terre. En plus, on est allé dans des zones où il fallait faire attention au niveau technique (autour de Southend on Sea et Headcorn) et il fallait bien maitriser l’Anglais pour faire ce que le contrôleur demandait au moment voulu (ou ne demandait pas quand il nous a fait attendre 20 minutes à Lydd). Le timing a été respecté, on est rentré le soir à la maison en avion (pas de panne, pas de problème météo, …). C’était une journée géniale !