Voyage entre 2 averses

On a beau être en avril, on se croirait en mars, avec les giboulées : Météo France a du mal à donner des prévisions fiables et il peut faire un grand soleil et une averse de grêle arrive sans prévenir et repart quelques minutes après.

Pas facile, dans ces conditions, de préparer une navigation sympa, c’est-à-dire avec une destination de rêve au bord de mer par exemple.

A l’origine, j’avais décidé de partir en Allemagne, mais les tracasseries administratives (la douane) et les difficultés de trouver un autre pilote pour faire la navigation (c’est les vacances) m’ont fait changer d’avis. Je suis parti vers l’est, mais pas très loin, avec comme objectif de passer sur d’autres terrains pour profiter de ce petit vol pour aller voir des terrains que je ne connais pas.

J’ai trouvé une personne pour m’accompagner : Lucas. Je l’ai emmené faire un tour il y a 2 jours, autour d’Orléans. Il n’avait pas l’air très en forme après le vol, mais il a voulu ré-essayer, et c’est très bien.

On est donc parti le mardi matin, vers 10h. On s’est retrouvé avec un grand ciel bleu et peu de vent à l’aéroclub, prêt avec les 2 réservoirs de l’avion remplis (au début, le but était de partir en Allemagne …). On a décollé vers 11h, direction Châlons-Vatry, avec un crochet par Brienne le Château.

Loiret

Loiret

Loiret

L’aller s’est très bien passé, on s’est mis à 3000ft, pas de turbulences, un peu de vent de derrière, la vitesse était donc très bonne. On est passé par Montargis, que mon passager connait bien, donc on a pris quelques photos (cliquez pour agrandir) :

Montargis, Loiret, par avion

Montargis, Loiret, par avion

Montargis, Loiret, par avion

On est ensuite passé par Sens :

Sens vu d'avion

Sens vu d'avion

L’originalité de Brienne le Château est que c’est une plateforme utilisée pour du parachutage jusqu’au FL195, par une société privée. Ce qui est un peu compliqué au premier coup d’oeil, c’est qu’il y a plusieurs zones rouges (R15A et R15B). Ces zones sont réservées pour le parachutage, et il faut lire attentivement le Complément aux Cartes Aéronautiques pour voir que lorsque ces zones sont actives, le contournement est obligatoire pour les avions de passage. On peut donc atterrir quand même à Brienne le Château lorsque les zones sont actives, ce qui est le cas aujourd’hui.

Pilote et copilote

Arrivé en vue du terrain, personnes n’est là ni en l’air ni à la radio, et Seine Info me confirme que les zones sont bien actives. On fait donc une arrivée standard, avec une verticale puis une vent arrière et un atterrissage en piste 10 tout seul.

Le but de cette étape est juste de faire l’approche et d’atterrir. Une fois au sol, je note l’heure pour faire une ligne sur le carnet de vol, et je remonte la piste pour repartir aussitôt direction Vatry.

Brienne le Château est aussitôt l’aérodrome qui est utilisé pour filmer les séquences circuit de Top Gear France … mais aujourd’hui, personne !

Entre Brienne le Château et Châlons Vatry, il y a la zone R6A qui est à cheval sur la CTR de Vatry, et qu’il faut contourner quand elle est active, ce qui est le cas aujourd’hui. Je contourne et je vais donc plein nord au décollage de Brienne en contactant directement Vatry pour l’approche. La piste 10 est aussi en service, avec peu de vent. Je demande une directe et le contrôleur m’indique que je peux faire une directe vers la piste 28 si je voulais. La piste fait 3860m, le vent est quasiment plein travers, un peu de derrière, donc cela ne pose pas de problème. Au milieu des champs, on a donc une grande piste, facile à voir de loin, et donc une belle approche.

Une personne nous a guidé vers le parking et nous a ramené en camionnette jusqu’au terminal. Et à Vatry, la taxe n’est que de 7€, toutefois il n’y a pas de pompe AVGAS.

Nous sommes allés manger au restaurant de l’aéroport, le BeFly. Je le recommanderai volontier car il a une terrasse, une grande salle, et le personnel est très sympa. On y mange très bien.

En début d’après-midi, on est reparti. On a attendu que le soleil chauffe moins pour éviter les turbulences, et on a volé haut. Décollage de Vatry vers 16h, direction Sezanne, un petit terrain que je prends souvent en point tournant pour contourner Paris en allant vers Reims pour aller en Belgique. On a décollé de Vatry piste 28, montée vers 3000ft. Quelques petites turbulences, mais mon passager trouvait ça supportable donc on a continué et on a rapidement vu l’aérodrome de Sezanne, 2 pistes en herbe de 1000m, l’une pour les avions et l’autre pour les planeurs.

Intégration standard au moment où un planneur arrivait en finale sur le terrain, j’ai certainement pris la vent arrière un peu près du terrain mais tout s’est bien passé, on est arrivé en finale sur l’herbe à la vitesse voulue et on s’est posé sans problème. C’était le premier atterrissage de Lucas sur une piste en Herbe, et c’était plutôt réussi.

On est allé jusqu’au bout de la piste, et comme à Brienne le Château, on a remonté la piste, par le taxiway cette fois, car on n’était loin d’être les seuls sur la plateforme. On a attendu un peu au point d’arrêt, le temps de noter notre arrêt et de faire les checklists. On a ensuite décollé. La piste était un peu grasse, on sentait qu’il fallait bien lever le nez de l’avion pour qu’il prenne de la vitesse, sinon aucune chance de décoller. On a pris notre envol et on est monté très vite, à plus de 1000ft/min, le soleil chauffait encore !

Devant ces chiffres et l’atmosphère un peu brumeuse et quelques nuages, on a décidé de monter plus haut. On est donc monté au niveau 55 direction Orléans (ça aurait du être 65 mais les nuages étaient jusqu’au 50 et le contrôle a insisté sur la limite du 65 classe A, donc on a tenté le 55). On est donc passé au-dessus des nuages qui formaient une petite couche à cette endroit, un peu moins par la suite.

Dans l'avion, au-dessus des nuages

Les nuages, vu d'au-dessus

On est rentré direct sur Orléans. Travers Montargis, j’ai commencé une descente lente pour atteindre Orléans et on s’est intégré en vent arrière 05 directement en arrivant. Mon passager a eu un peu de mal avec ses oreilles pendant la descente, surtout en approchant du sol, malgré la descente plutôt lente que j’avais commencée. Mais l’atterrissage s’est très bien passé et il était content de retrouver le plancher des vaches !

J’aime beaucoup les grands voyages, mais quand on peut pas … cette nav était très bien, j’ai pu atterrir sur de nouvelles plateformes et on a bien mangé le midi, c’était une belle journée !