Grande Bretagne et la Tamise

Quelques jours de beau temps dans le nord et c’est parti pour une petite navigation vers l’Angleterre.

Départ d’Orléans vers 10h30, je dois aller faire le plein avant de partir car la pompe AVGAS à Etampes est fermée officiellement. Je décolle passer mon passager à Etampes. C’est très agréable car à cette heure-ci, il n’y a pas beaucoup de turbulences.

Malgré la préparation de mon vol, j’ai commencé cette navigation par une erreur involontaire qui est d’être monté trop à l’ouest de Saint Denis de l’Hôtel dans les zones de Bricy qui, ce matin-là, étaient actives. Seine info me l’a fait remarqué et s’est arrangé avec Bricy car j’ai fais au mieux pour quitter ces zones rapidement.

Arrivée à Etampes, j’ai pu faire une directe en longue finale et me suis posé rapidement et proprement, puis je suis allé me garer sur le parking en herbe. J’ai récupéré mon passager.

Une fois cette pause effectuée, ce qui a pris une petite demi-heure quand même, on est parti pour un beau voyage. On a décollé et on est passé par l’ouest de Paris, autour de 2000ft. Cette “autoroute” parisienne est loin d’être agréable (il faut voler bas, parfois à côté d’oiseaux, au-dessus de forêts, slalommer entre les zones et faire très attention aux avions faisant des vols locaux puisque tout le monde vol quasiment à la même altitude, entre 1500ft et 2000ft), mais c’est le trajet le plus direct pour aller d’Etampes vers le nord. Il y a un peu moins de pression une fois arrivé dans les zones de Pontoise, puis ça devient plus agréable dans les zones de Beauvais puisqu’il est alors possible de monter jusqu’à 3500ft, ce qui me permet de poursuivre le vol plus tranquillement.

Dourdan

Chateau de Saint Arnoult en Yvelines

En sortant des zones de Beauvais, on voit un DR-400 plus bas, qui slalomme. On le signale à la radio, qui nous confirme que l’appareil n’est pas en contact radar, mais bien en contact radio avec eux, et qu’il va à Abbeville, vers 1500ft. On poursuit vers Le Touquet, et on voit enfin la mer. On passe au-dessus des zones du Touquet avant d’arriver vers Boulogne sur mer, où j’ai prévu de commencer ma traversée.

Baie de Somme

Picardie

Cucq

Direction Lydd, soit une traversée d’une dizaine de minutes, en direct, et avec vue sur l’Angleterre longtemps avant de quitter la côte. Pour une fois, on traverse assez haut, autour de 3500ft, avec quelques nuages au-dessous de nous. Mi-Manche, on passe avec Londres Info qui nous fournit un service basic, c’est-à-dire sans couverture radar, mais cela ne semblait pas nécessaire puisque nous sommes resté sur la mer et qu’aucun autre avion ne semblait s’y trouver. On a donc continué en longeant la côte par Hastings et Eastbourne avant de tourner à droite pour rejoindre Shoreham by Sea.

Côtes Anglaises

East Sussex

Eastbourne

Beachy Head Lighthouse

On est passé sur la fréquence de Shoreham et j’ai commencé la descente. Rappel arrivé sur la Marina de Brighton, puis descente autour des nuages (tout en restant en VMC, mais avec quelques stratus) suivi au radar.

East Sussex

Brighton Marina

Brighton Pier

Lancing College

Peu de temps après, on rentre dans les terres au-dessus de Brighton pour une intégration en Base derrière un autre avion. Cette approche m’a parue assez étrange car nous suivions l’autre avion devant nous d’assez prêt, et une fois en finale, celui-ci a atterri devant nous. Le contrôleur m’a dit que je pouvais continuer et qu’il m’autoriserait très bientôt. Même discours en courte finale, l’autre avion toujours sur la piste, et je crois me souvenir qu’il a dégagé la piste alors que j’étais juste au début de la piste, à peine aux 15m. Autorisé atterrissage puis atterrissage complet, dégagement en fin de piste alors que l’autre avait dégagé en milieu de piste. C’était chaud mais tout le monde semble avoir bien joué (l’autre avion, le contrôleur et moi-même). Parking devant la tour et on pose le pied en Angleterre.

Shoreham Airport

J’avais bien prévu mon coup et on est allé manger dans un pub à quelques centaines de mètres de l’aérodrome, ce qui nous a permis de faire une bonne pause.

Vers 15h, on est reparti. Le temps commençait à se couvrir donc il ne fallait pas trop trainer. On est reparti, moteur en route, et beaucoup de mouvements sur le terrain. Une clôture était en place pour un meeting aérien en fin de semaine (où un avion s’est crashé quelques centaines de mètres avant la piste, en faisant un looping), et un taxiway temporaire a été mis en place le long de cette clôture, ce qui rendait les choses un peu compliqué surtout que je ne connaissais pas le terrain, mais on est arrivé au point d’arrêt. Essais moteurs effectués, il a fallut attendre que 4 avions se posent pour ensuite pouvoir s’aligner et décoller.

Shoreham by Sea

Brighton Marina under the clouds

Angleterre sous les nuages

Un nuage anglais

Ce second vol était vraiment très bien, le meilleur de cette navigation : 40 minutes de vol magnifique au-dessus des nuages, en contournant quelques zones (la zone A de Gatwick et une zone de parachutage à Headcorn). Un vol très calme, au-dessus de quelques cumulus à 4000ft, je n’avais jamais eu l’occasion de voler on top en Angleterre. Un vrai bonheur !

Southend on Sea

On a ensuite fait l’approche sur Southend, et j’avoue que c’était un peu compliqué, car vers la fin, j’ai eu quelques informations contradictoires : ne descendez pas mais intégrez-vous en vent arrière. Le stress de la journée, et du fait de ne pas connaître la zone, l’approche était stressante. Une fois cela passé, le passage sur la ville de Southend et la finale était très bien, plus calmes qu’à Southend, on était pour ainsi dire tout seul. Au sol, pas de hangar disponible (il allait pleuvoir le soir même) mais un grand parking vide pour nous accueillir.

Southend Airport

Là aussi, le voyage était bien préparé : l’hôtel était à 100m du terminal. On a passé la soirée à visiter Southend, ça ne nécessite pas plus de temps.

Le lendemain, les nuages étaient là, pas de pluie mais des nuages bas, moins de 1000ft sur certains endroits. Il y avait donc 2 choix : passer la journée comme à Calais, à se demander s’il fallait ou non décoller, ou bien faire l’impasse et trouver autre chose à faire. J’ai choisi la deuxième solution, plus agréable et moins stressante, et on est parti en train à Londres pour y passer la journée. Le billet aller-retour est à £15.90 en période calme, donc au train de 10h le matin et après 19h le soir pour le retour. Le temps de trajet est d’environ 50 minutes, ce qui est très raisonnable, et on arrive à Liverpool Street, en plein Londres, à 2 pas de la City.

Londres

Après un jeudi à Londres, et une soirée à l’hôtel à Southend, il était temps de penser au retour vendredi.

La prévision météo était bonne, le ciel devait avoir quelques nuages mais être assez dégagé. Ce fut bien le cas, précisément : des nuages entre 1000ft et 2500ft, en petit nombre, des stratus et petits cumulus. On s’est donc préparé et on est parti vers 9h30 après avoir passé un petit coup de torchon sur la verrière pour enlever les tâches de 2 guêpes ou abeilles qui volaient un peu trop près à l’aller.

Le décollage était très bien, comme mercredi, on est monté “not above 3500ft”, puis après avoir quitté la CTR, on est monté un peu plus pour passer au-dessus des nuages. C’était une nav magnifique, au-dessus des côtes Anglaises, au-dessus des nuages, pas de turbulences.

Southend on Sea

Southend on Sea and the Thames

Antenne de Folkeston

La visibilité était bonne, sans plus, et on ne voyait pas les côtes françaises en quittant les côtes anglaises. On est passé au-dessus de Folkeston puis direction le Cap Gris-Nez puis on a longé la côte française avant d’atteindre le cap, pour aller vers le sud jusqu’à Berck Plage. A ce niveau, on est rentré dans les terres pour éviter la zone de la Baie de Somme et reprendre une navigation direction Etampes.

Wimereux

La Somme

 

Malheureusement, avec le décallage horaire, 9h30, ça fait déjà 10h30 et on est arrivé à Beauvais vers 12h, avec un soleil qui chauffait bien. L’inconvénient dans cette zone est qu’il faut passer bas, autour de 2000ft, donc c’est propice aux turbulences, ce qui n’est pas très agréable quand il y a beaucoup de choses à faire comme régler la radio ou le transpondeur.

On s’est consolé en regardant la Tour Eiffel !

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La Défense

La Tour Eiffel

Les 15 dernières minutes étaient les plus turbulentes, entre St Arnoult et Etampes, et personne à la tour à Etampes, heureusement qu’un avion se préparait à décoller en 06, ce qui m’a permis de faire une semi directe vers la base 06, assez bien secoué en finale.

JB et moi

Apparemment la pompe à essence fonctionnait en partie, et j’ai pu faire le plein avant de repartir pour l’un des pires vols de l’année. Rien qu’au décollage, c’était une machine à laver, secoué dans tous les sens, une fois stable à 2000ft, c’était un peu plus calme, jusqu’à l’arrivée autour de la forêt d’Orléans et après, pareil. J’ai pu faire une intégration directe vers la 05 en base main gauche pour atterrir rapidement, mais la base était aussi très active. Soulagé une fois les roues posées, j’ai pu remettre rapidement l’avion dans le hangar. Il faisait 31°C dehors. J’ai pu échanger le pantalon pour un short avant de repartir.

Cette nav était très bien, très agréable en Angleterre, un peu turbulente au retour, mais on a pu voir de belles choses. A refaire en variant les plaisirs sur les destinations, quoique maintenant que je sais comment aller à Londres de l’aéroport de Southend, je pense que c’est une option à considérer !

Je ne sais pas si je dois faire la description de tout ce qui s’est passé, mais autant le dire, afin que cela ne se produise plus : mon plan de vol, à l’aller, était d’Etampes à Shoreham, en Angleterre. Or Etampes n’est pas un aérodrome douanier. Il faut normalement décoller et atterrir d’un aérodrome douanier pour aller à l’étranger, c’est-à-dire en dehors de la zone Schengen. La personne de la tour m’a prévenu mais a bien voulu activer le plan de vol quand même. Après différentes recherches effectuées après ce vol, il s’avère qu’il est effectivement obligatoire de passer par un aérodrome douanier pour aller dans les Iles Anglo-Normandes et en Grande Bretagne. Cette obligation est assortie d’une peine de 3 ans de prison et 30 000 € d’amende pour toute personne ne la respectant pas ou essayant de se soustraire du contrôle de douane sur un aérodrome douanier. Donc dès mon prochain vol, je ferai le nécessaire pour passer par un aérodrome douanier.

Par comparaison, cette obligation n’existe pas en Angleterre puisque la douane fonctionne avec un système appelé GAR qui est un formulaire, un peu comme un plan de vol, à envoyer avant le départ (4 à 12 heures avant suivant la provenance ou la destination) et qui indique aux douanes la date et le lieu de l’atterrissage afin que la douane puisse venir contrôler ou pas les passagers ou le contenu de l’avion, ce qui m’est arrivé l’an dernier à Cambridge. Mais grâce à ce système, on peut atterrir sur n’importe quel terrain, et il n’y a aucune obligation lors du départ du Royaume-Uni vers l’espace Schengen, uniquement dans le sens Schengen vers Royaume-Uni (ainsi que pour les traversées vers les Iles Anglo-Normandes).