Une soirée en Camargue

Cela fait plusieurs mois que j’ai en tête de faire une navigation dans le sud, avec Stéphane, un très bon ami. Au debut, la destination choisie était Nice ou Cannes, mais cela a du être annulé ou repoussé par 2 fois à cause de la météo et d’un agenda un peu chargé.

Finalement, début août, vacances obligent, l’agenda est plus léger et la météo un peu plus clémente, donc une date est fixée : le 11 août. Initialement, on devait partir le 11 et rentrer le 13, mais la météo, de gros orages et des fortes chaleurs ont eu raison de notre petite virée et ce sera donc un après-midi et une soirée à laquelle nous aurons droit, ce qui reste quand même une belle perspective.

On se donne donc rendez-vous chez moi à 8h ce mardi. Stéphane arrive 10 minutes avant, tout excité de pouvoir enfin partir en avion voir sa famille dans le sud. Je finis de préparer mes affaires, et on part comme prevu à 8h vers l’aérodrome.

Arrivé à l’aérodrome, il n’y a pas grand monde. On ouvre le hangar, on sort l’avion et on met en route. Guillaume, à la tour, me fait remarquer que ça serait bien de refermer les portes du hangar avant de partir. Je coupe le moteur et on s’apprête à sortir de l’avion lorsque Stéphane retire son casque, et l’une des oreillettes se met à couler ! Je venais, la veille au soir de remplacer les coussinets des oreillettes du casque par de nouveaux, et ils fuient ! Malheureusement, ce n’est pas de l’eau mais un liquide gras, et il y en a un peu partout.

Le temps de nettoyer, de fermer les portes du hangar, et c’est reparti. Le moteur est rapidement chaud, et on décolle tranquillement direction Rodez. Pour cette première partie de voyage, ce sont les montagnes qu’il faut surveiller. Le temps est clair, pas de nuages, je commence par monter à 3000ft pour rester sous les zones d’Avord, direction Châteauroux. On profite de la Sologne.

Les pilotes

Arrivé sur Châteauroux, je demande à monter au niveau 65, puis une directe vers Rodez. Cette directe est approuvée mais elle passe par une zone contrôlée par Avord. Je demande alors au contrôleur si je dois rester avec lui ou contacter Avord, mais il me répond qu’il me dira quand changer de fréquence, sous-entendu, mais pas dit, que j’étais autorisé au transit. J’ai du insister pour qu’il me dise que je pouvais passer, et qu’il s’occupait de moi quand même dans les zones d’Avord. Une petite incompréhension.

Limousin

Un Lac dans le Massif Central

Une vallée dans le Massif Central

Ensuite, on arrive dans les petites montagnes, vers Aurillac. De très beaux paysages, difficiles à prendre en photo à cause de la brume, mais magnifique à regarder. On arrive ensuite sur Rodez. Je prépare ma descente, et vers 4000ft, la contrôleuse me demande d’arrêter de descendre car un autre avion n’est pas loin. On le croise, visuel, et je reprends ma descente, directe en longue base.

On atterrit donc à Rodez, piste 13. On fait le plein rapidement et on repart. A ce moment-là, on n’est pas les seuls à vouloir partir. Le contrôleur a commencé à se fâcher avec un pilote de Cessna qui n’arrivait pas à collationner l’ensemble des instructions. Il s’est fait rappeler à l’ordre par le contrôleur mais cela a retardé les 4 avions qui attendaient derrière. J’ai demandé un départ vers la gauche, mais le contrôleur m’a demandé de passer par la droite au décollage de la piste 31, je n’ai pas insisté, j’ai accepté.

On est donc reparti plein sud vers Béziers. Cette partie-ci du vol était plus technique. On est d’abord rapidement remonté au niveau 55, pour passer au-dessus des montagnes qui, pour certaines dépassaient les 1000m. Une fois les montagnes passées, j’avais prevu de passer par les cheminements VFR, tout en espérant pouvoir faire autrement une fois sur place. La contrôleuse a été très accommodante : j’ai demandé à faire le trajet à 3000ft, en contournant Béziers puis en longeant la côte jusqu’à la Grande Motte, et elle a accepté à 3500ft, ce qui me convenait tout à fait.

Autour de Montpellier

La Grande Motte

Port Camargue

On a donc longé la côte méditerranéenne de Béziers jusqu’à Aigues-Mortes, avec une très belle vue sur le littoral et sur des endroits plus ou moins beaux, comme Sète, La Grande Motte, et les salines, puis on est arrivé sur la Camargue.

Les salines en Camargue

L’arrivée a été assez rapide ensuite car de 3500ft, j’ai du changer de fréquence pour arriver sur Nîmes-Garon. Dès que l’on est descendu, on a ressenti quelques turbulences, et au moment de toucher les roues, une turbulence m’a fait remonter. heureusement, avec assez de vitesse pour ne pas décrocher et faire un bon atterrissage quand même.

On est allé garer l’avion, un marsheller nous a accueilli, m’a guidé pour me garer et nous a expliqué ensuite où aller pour sortir, c’etait très sympa. Il ne restait plus qu’à mettre la bâche.

On est donc sorti de l’aéroport, le père de Stéphane nous attendait, et il faisait déjà chaud. On a passé la soirée dehors, pour un bon barbecue, et au final 4 grosses piqûres de moustique tigre (mes mollets s’en souviendront).

Le lendemain, debout vers 7h, on est arrivé à l’aéroport vers 9h. L’aérogare est grande et déserte, on a donc payé la taxe, une vingtaine d’euros, et on est retourné à l’avion. Le temps de retirer la bâche, on a décollé tranquillement à 9h50 direction Mâcon. Juste après le décollage, on a longé Nîmes, sans y voir grand chose car je ne connais pas la ville, et j’avais un peu autre chose à faire, en montée vers le 55.

Arrivé en sortie des zones de Camargue, juste avant Orange, cela a pris un peu de temps pour les contacter, j’ai du faire un 360 en attendant l’autorisation de transit qui a finalement été approuvée sans aucun problème. On a donc transité sur les bords des zones d’Orange au niveau 55, avec une vue très brumeuse à l’est, rendant impossible la vue sur les Alpes. A gauche, le Massif Central était un peu moins brumeux et on distinguait quelques montagnes.

En continuant vers le nord, on a été lâché par Orange, on a brièvement contacté Marseille Info avant de passer sur Lyon. Le transit vers Lyon peut être problématique car ce sont des zones C, où l’autorisation de transit est obligatoire. Cela a été accepté sans difficulté, mais avec un petite changement de cap vers Villefranche. On a donc continué le trajet vers Lyon, direction Villefranche, et en arrivant aux abords de Lyon, le contrôleur nous a demandé de virer un peu à gauche pour éviter un peu plus l’agglomération Lyonnaise.

Aperçu de Lyon

Une fois Lyon passé, on a commencé à descendre en visant Mâcon. L’aérodrome de Mâcon semblait désert à notre arrivée, et j’ai du faire une intégration standard pour déterminer la piste en service avant de me poser avec quelques turbulences. Une fois au sol, on s’est aperçu qu’il y avait pas mal de monde en bas et en haut, avec plusieurs atterrissages une dizaine de minutes après notre arrivée … dans l’autre sens de piste !

Le temps de faire une petite pause, d’aller payer la taxe et de faire le plein, nous voilà reparti pour la dernière branche vers Orléans. Il commençait à faire chaud, on est reparti, il était midi.

La zone autour de Saint Yan, entre Mâcon et Avord, est un peu triste. Pas désertique, simplement un peu toujours pareil, avec des champs de taille moyenne et de couleur marron, et quelques arbres par-ci par-là, quelques collines aussi, et une visibilité pas si bonne que ça pour admirer le paysage (mais largement suffisante pour voler, avec environ 25km). C’était la demi-heure d’ennui, même à la radio, personne ne disait rien !

Arrivée vers Cosne sur Loire, on entame notre descente, et c’est là que ça a commencé à devenir difficile. Tout d’abord, depuis le début de cette branche, il faisait chaud, et on transpirait. Ensuite, la descente nous a fait ressentir les turbulences assez fortes de la zone, ce qui était assez désagréable. Cela a du durer 20 minutes jusqu’à l’atterrissage. L’arrivée sur St Denis de l’Hôtel était donc difficile, avec la piste 23 en service donc un tour de piste turbulent en perspective, et personne à la tour.

Tout s’est quand même bien passé et on a touché les roues délicatement comme d’habitude, avant de rentrer l’avion dans le hangar … qui était ouvert. Un autre avion nous y a rejoint quelques minutes après.

Une difficulté s’est présentée pendant cette dernière branche que nous n’avions pas anticipé correctement, et que Stéphane et moi avons compris un peu plus tard : il faisait chaud, on a transpiré et on n’a pas assez bu. J’ai bu 2 litres d’eau dans l’après-midi et Stéphane a ressenti la même chose chez lui un peu plus tard. Je crois qu’il va falloir prendre la déshydratation en compte par la suite pour les navigations quand il fait chaud : il faut boire ! Facile à dire quand on a des toilettes pas loin, mais en avion, il n’y en a pas. Donc il faut boire pour ne pas se déshydrater mais pas trop quand même. Dur équilibre.

A part ce petit inconvénient qui m’a effectivement appris quelque chose d’utile, ce petit voyage était vraiment très agréable (sauf les piqûres de moustiques que j’ai encore 5 jours après). Une vue magnifique sur des paysages superbes de montagne et de mer, et ce petit tour dans la vallée du Rhone qui reste une zone complexe pour le transit.