Nav de mai en Bretagne

Après le sud, place à d’autres horizons. Ceux qui me connaissent savent bien que j’aime beaucoup voler sur la mer, donc j’ai choisi une destination en bord de mer, un peu plus proche et que je n’ai jamais fait : la Bretagne !
Le principe était de faire une petite navigation sur la journée, avec un autre pilote, Patrick, et ses 2 enfants. Le choix de la destination devait inclure une navigation d’environ 2h, et des coins sympas à voir pendant la nav ou au moins autour de la destination. Le choix a donc été fait d’aller à Saint Brieuc, non pas forcément pour la ville, mais plutôt pour la position et la taille de l’aéroport, pas trop loin de la ville (pour manger le midi) et au milieu de la Bretagne.

Rendez-vous donc à 10h ce jeudi, à St Denis de l’Hôtel où se déroulent actuellement des travaux de rénovation de la piste et des taxiways. Cela n’empêche pas de prendre l’avion et de décoller, mais ça n’est pas pratique car la station AVGAS est fermée (ou au moins difficile d’accès). L’avion était prêt, on est parti vers 10h30.
Comme des ouvriers travaillent autour de la piste, la tour a demandé à l’avion qui était devant nous au point d’arrêt, d’attendre que nous soyons prêt pour partir les 2 en même temps. Ca met un peu la pression, mais on a réussi à faire les essais moteurs rapidement, mais proprement, et on a confirmé. Le premier avion est parti, et nous nous sommes aligné juste derrière. Au moment de commencer le roulage, tout s’est bien passé, et autour de 90km/h, le décollage a été un peu différent des derniers que j’ai pu faire : tout d’abord, j’avais du vérifier le poids et le centrage, car avec 2 adultes, 2 enfants et le plein des 2 réservoirs, c’était juste, mais c’était bon (960kg pour 1000kg max). L’avion a mis du temps pour prendre sa vitesse et le taux de montée était un peu lent, j’ai trouvé (par rapport à un avion juste avec le pilote, soit 250kg de moins !). Ensuite, comme d’habitude, il fallait mettre du pied à droite, et avec le poid, le pied à droite était plus important. C’était pas une surprise, mais il fallait le faire correctement.

Ensuite, l’avion a pris son envol, et on est parti pour 3000ft en contournant Orléans puis direction Le Mans avant d’aller directement vers le Mont Saint Michel, étape importante d’un vol dans cette direction. On a eu quelques problèmes avec les casques, qui apparemment ne sont pas totalement compatibles avec l’avion (c’était pas mes casques), et on a commencé notre navigation, en restant au-dessous des nuages pendant environ 30 minutes jusqu’aux environs du Mans.
Au nord du Mans, les nuages ont commencé à se resserrer vers le sol, et mon altitude mini de 1900ft était difficilement tenable sans se prendre quelques stratus. On a hésité un peu et j’ai proposé qu’on passe “on top”. Malgré le poids, l’avion est bien monté, et on est allé se mettre au niveau 75, juste au-dessus des nuages (500ft à 1000ft au-dessus). J’adore voler au-dessus des nuages, c’est tellement agréable de voir autre chose, on ne voit plus la terre, mais une mer de nuages blancs. C’était magnifique. Les enfants, derrière, ont bien apprécié, d’autant plus qu’il n’y avait alors plus aucune turbulence, même si c’était assez calme avant, là, ils pouvaient faire une petite sieste tranquillement. Grâce au nouveau transpondeur Mode-S, on était bien suivi, et le contrôleur de Rennes avec qui on est passé pendant la montée nous a gentilment donné les métars de St Brieuc et surtout Dinard pour que l’on puisse s’assurer de pouvoir redescendre.
C’est là où avoir de l’expérience est intéressante. Patrick, pilote, qui volait à ma droite, s’inquiétait un peu du fait que l’on devrait s’assurer de pouvoir redescendre, et il a raison. Monter, c’est bien, être au-dessus des nuages, c’est beau, mais pouvoir redescendre, c’est vital. On a donc vérifié cela en demandant les Metars et on avait quelques infos mitigées, avec des couches …
D’après mon expérience, je sais que très souvent les nuages sont au-dessus de la terre, et beaucoup moins en mer, quand on est dans un temps calme. C’est parfois l’inverse mais c’est rare. Donc avec un peu de nuages là où nous étions, entre 4/8 et 7/8 par endroit, je m’attendais à ne plus avoir de nuages autour de la baie du Mont St Michel. Mais comme il est toujours préférable d’avoir une solution de rechange : d’une part je savais que nous avions encore 3h d’autonomie, ce qui nous permettait de continuer voire de faire demi tour si besoin, vers un dégagement vers le sud où le temps était plus ensoleillé ; d’autre part les nuages au-dessous n’étaient pas très serrés, donc je repérais régulièrement les endroits où nous pourrions redescendre si besoin, afin de ne pas être coincé, et ça ne semblait pas trop compliqué.

Cette partie était déjà très belle, car voler au-dessus des nuages, c’est le rève de beaucoup de pilote (le miens en tous cas !). Ensuite, on est arrivé sur la baie du Mont Saint Michel. Ce que je croyais était presque vrai, mais pas comme on l’aurait espéré : La baie en elle-même était assez encombrée de nuages, et les nuages disparaissaient rapidement une fois arrivée à la mer, donc on a entamé notre descente quasiment au-dessus du Mont Saint Michel, sans vraiment le voir (entre 2 nuages pendant 10 secondes) et avec une très belle vue sur les côtes de la Manche.

Côtes de la Manche

Avec une petite vue ensuite sur le Mont lui-même.

Baie du Mont Saint Michel

Ensuite, on a longé la côte.

Quelques iles

J’avais passé mon appareil photo à Simon, avec pour mission de faire une belle photo de St Malo, et malgré la couleur des bâtiments qui rend la photo un peu sombre, je crois qu’il a réussi :

Saint Malo

On a ensuite quitté Rennes pour la fréquence de St Brieuc, avec un avion qui venait d’atterrir. J’ai donc décidé de faire une longue finale, de la côte vers l’aéroport, pour la piste 24. Ca s’est très bien passé, et on est venu se garer près d’un avion un peu plus gros, qui repartait quelques heures après notre arrivée, vers Constantine, en Algérie, avec du frêt.

Avion sur le tarmac

On a ensuite pris un taxi pour aller en ville, et on s’est baladé un peu, mais il n’y a pas grand chose à voir dans cette petite ville où le centre ville n’est même pas au bord de la mer. On est ensuite retourné en milieu d’après-midi à l’aéroport et on a décollé à 17h06 de St Brieuc pour un retour direct.

Comme on voit sur la photo prise au sol, les nuages au-dessus sont assez menaçants, et on avait un peu peur que ça nous bloque pour le retour. En fait, c’était tout le contraire : les nuages formaient une bonne couche assez haute (plus de 8000ft) et quelques nuages épars se baladaient vers 3500ft.

Contrairement à l’aller, le retour était plus direct. On est allé directement de Saint Brieuc, sans passer par la côte, à Orléans. En fait, on voyait la côte tout le temps où on est resté en Bretagne, donc jusqu’à Fougères, et c’était très beau. Ensuite, on a continué tout droit en évitant ici, un aérodrome avec largage para, là, une petite zone interdite, ou encore en restant, vers l’arrivée, au-dessus de 3000ft pour observer un Hercule faire des tours de piste à Bricy, et tout ça, c’était beau !

On a terminé notre balade par une vue d’Orléans, par le nord, et un retour en semi-direct vers la 05 de Saint Denis de l’Hôtel, sur le conseil de Jims, un instructeur, pour permettre de sortir de la piste sur un taxiway accessible, sans avoir à remonter toute la piste, à cause des travaux.

Pour ce vol, j’ai préparé le vol avec SkyDemon sur ma tablette. J’ai imprimé les logs de nav, et on avait une carte IGN de 2014, et une carte Air Million 2015, ainsi qu’un autre GPS Garmin en secours. La tablette a très bien fonctionnée, mais attention à la charge, elle commençait à peiner vers la fin du vol de retour, avec moins de 15%, donc il faut penser à la recharge entre les 2 vols !

A la question : ce vol était-il parfait, je dirais qu’il faut toujours rester vigilant au décollage comme à l’atterrissage, et que le passage on-top a bien été négocié. Au retour, on peut considérer que c’était un vol parfait car on a fait exactement ce qui était prévu. C’était facile, avec ce temps, mais on n’est jamais à l’abris d’un imprévu !

Merci à Patrick, Simon et Léa qui étaient du voyage et qui ont, apparemment, bien appréciés.